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Tome premier.
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8o HISTOIRE DE POLYBE,

que suspendue eût été infiniment moins composés, & plus aisée à se mouvoir quôcelle de Marcellus au siège de Syracuse, dont Polybe nous donne la description. Oneût pu même avancer plus avant le matéreau suspendu par un contre-poids à son ar-riére. Mais, me dira quelqu’un, comment trouver une baze capable d’empêcherque le gros pieu, ou pour mieux dire larbre, au haut duquel cette longue antenneest suspendue & accolée, ne vacille ou ne renverse? Je réponds qu’il nè vacillerapoint, s’il y a équilibre par tout; mais supposons qu’il y ait quelque chose à dire,car un rien est capable de produire cet effet ; ce qui pourtant ne sauroit arriver, àcause du peu de hauteur de l’arbre, qui ne s’éleve tout au plus que de huit -pieds furses racinaux; n’est-il pas de plus appuié & retenu par de puisantes contrefiches,com-me larbre de nos grues,arrêté encore par ses quatre côtés par autant de cables amar-rés à deux haubans? II eût été très-difficile, pour ne pas dire impossible, qu’il pûts’ébranler ou se renverser. Je ne vois rien dans cette machine qui ne soit très-sim-ple , & qu’on ne pût faire mouvoir par une puiílance très - médiocre ; suppoíànt lalongue piéce de bois suspendue comme la vergue d’une galère avec ses mouilles à plu-sieurs roues, pour relever ou pour l’abaisièr, selon les cas,

§. VII.

Le Polyfpajle & le Corbeau d'Arclihnéde.

J Ufques ici nous avons traité des corbeaux de toute espèce ,& de leurs divers usages,& particulièrement de ceux qui saisiíìènt & qui enlèvent. Ceux - ci peuvent êtreconsidérés comme des petits modèles, ou des diminutifs des grands, c’est-à-dire deces puiílànces capables de harponner, de guinder,& d’amener des héiépoles,des vais-seaux tout armés, en un mot des fardeaux & des malles effroiables. A ces sortes dcprodiges mechaniques, Perrault demeure tout éperdu ; il les regarde comme impossi-bles , parce qu’il ne peut comprendre par quelle puifiance cela fe faifoit : & il faut a-vouer qu’il y a bien des Perraults dans le monde, lesquels, faute d’intelligence pourles machines., ne voient goûte clans des choses qui font bien moins prodiges que lestours de paflè-paflè d’un joueur de gobelets.

Les morts ne sentent rien ; mais supposant qu’ils soient sensibles aux reproches des vi-vans, le génie de Perrault me permettra, s’il lui plaît, de lui dire que ce qu’il avancecontre les machines d’Archiméde,à l’occasion du polyspafle, meparoît avancé fort lé-gèrement. Ce polyfpajle ne fut jamais celui d’Archimédc, c’est très-aílurement uneimagination de Vitruve. On connoît parfaitement cet Auteur. On fait, à n’en pointdoiiter, qu’il n’a jamais vû ni connu le corbeau ni le polyspafle de ce célébré Syracu-sain ; tout cela est enveloppé depuis plus de deux mille ans dans les ténèbres de l’oubli.Toute la graee que 1 on peut faire à Vitruve, c’est de ne faire que soupçonner, qu’enfait de machines de guerre ses connoiíìànces étoient fort bornées. Et que dirons-nousde son .Commentateur ? Jugeons - en par ce qu’il débite fur le polyspajle , qu’il s’estfaussement imaginé être le même que celui dont Plutarque parle: On sali, dît-il,■que ce que le polyspaste peut faire, efl tout à fait éloigné .des effets que Plutarque lutattribué,. Cela fait voir , continuë-t-il, quelle opinion Von peut avoir des autres mi-racles que cet Historien conte des machines $’Arclihnéde ;& ce seul éxemple peut fairecroire que ce qu ìl en dit ri est fondé que fur les relations des Romains,lesquels étant peuyerfés dans les arts du t.ems ds Marcellus, ainsi que Plutarque remarque lui - même,pouvoient avoir beaucoup éxagéré des choses que leur ignorance leur faifoit paraître mira-culeuses,& qu ils avoient peut-être auffì intérêt de faire passer pour telles. II est surpre-nant que cpt Auteur ait pû raisonner de la sorte. Prétend-il, avec tous ces beaux rai-sonne-