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Tome premier.
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128 Ií r S T O I R E D E P O L Y B E,

fortes d’cfprits timides, fans être fort habiles ni fort braves, font toujours les pluséloquens oc les plus écoutés à la Cour & dans les armées, au préjudice même des des-seins les mieux fondés & les plus salutaires. J’en foumirois de bons éxempies si jp'voulois, mais il faut une postérité plus reculée pour les citer : ou tout au moins ilfaudroic que quelques-uns de ces gens-là, qui vivent encore, me permiíïènt, fans fafâcher, de faire voir la subtilité de leur esprit & la force de leur éloquence ,à dissua-der & à combattre par des raífonnemens spécieux & peu solides, les deílèins les plusimportans,& les plus faciles dans l’éxécution; ceux qui font doués des mêmes talens,apprendraient par là qu’ils doivent les emploier à tout autre usage i car à peine l’occa-sion de faire un coup d’éclat & décisif est-elle manquée & rejettée, qu’on reconnaît1’iilusion de tous ces beaux raifonnemens : & après nous être acquis la réputation d’ef-pric subtil 1 qui nous demeure, nous perdrons celle d’un homme véritablement cou-rageux. L’on ne connaît jamais mieux le caractère d’un homme de guerre, que dansles Conseils, où il s’agit d’une entreprise importante, hardie & périlleuse, telles quefont les surprises d’armées, qu’on regarde ordinairement comme téméraires, lorfqu’ily a disproportion de forces dans celui qui les entreprend : on va voir bientôt qu’ils’en faut bienqu’eiles ne soient telles que la plupart se fimaginene faussement, & quel-les font au contraire très-aifées & très-sûres dans l’éxécution. Uu Général qui rouleun tel deílèin dans fa tête, doit débuter par fe retrancher de telle forte, que l’ennemis’imagine qu’il a bien peur; cette peur ardíìcielle, le rend moins circonspect & plusnégligent.

§- IX.

Précautions à prendre.

concerte l’heure à le teins qu’on doit partir au chemin que l’on a à sistre, onle compaíîc encore à la nature du pais, aux obstacles qu’on peut rencontrer, &au nombre des colonnes que l’on peut former dans la marche. Les défilés la retardentinfiniment, & selon le nombre qu’il y en a, on part plutôt ou plus tard. On doitobserver toutes ces choses avec tout le foin & l’éxactitude possible, &; régler si bienson tems, qu’on puiíîè être en état d’attaquer deux heures avant le jour, & disposerles colonnes dans la marche selon la disposition, fur laquelle l’on veut combattre -, carc’est la nature du terrain d’un champ de bataille qui doit servit de régie à la compo-sition des colonnes, pour éviter la confusion & la multitude des mouvemens qu’il estnéceíìàire de faire lorsque l’on est arrivé, & qui ne font qne trop dangereux lorsqueles armées font en présence. Je m’en rapporte à M. de Puifegur, qui est un de nosMaîtres fur cette profonde partie de la guerre: il n’aura garde d’en disconvenir. IIy a des précautions à prendre avant que de fe mettre en marche pour aller à l’ennemi,il est bon d’en être informé.

On donnera Tordre à Tordinaire, fans aucune apparence de deílèin ni de campement.Deux heures avant la nuit, & d’un jour fans Lune, on détachera deux cens chevaux,autant de dragons, cent Hussitrs, & huit compagnies de grenadiers complettes. Cedétachement, auquel on distribuera de la poudre, s’aíïèmblera à la tête du camp,&lans aucun égard au tour du rôle. II fera composé d’Officiers & de Sergcns choisis., &dî

troupes

me tems courir le bruit, que la destination de

chôment est contre les espions 1

les déserteurs, & pour occuper toutes les routes par cù Ton peut aller à Tcimemi ; ce