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qui obligera les uns à rester au camp pour cette fois, & les antres qui auroient enviede s’échaper, à remettre la partie à une occasion plus favorable.
Ce corps,dont les Husiàrs feront lavant garde,ira par un seul chemin ,jufqu’à u nlieu déterminé au centre, & à une petite demie lieue du camp ennemi : observant dene point trop effleurer les postes avancés, où l’on peut avoir jetté de l’infanterie; &6 ces postes font trop en deçà des gardes ordinaires de jour, on les laiíîèra derrière,pour fe mettre entr’eux & le camp ennemi.
Loríqu’on fera arrivé au lieu destiné, & que l’infanterie aura joint, celui qui com-mande la partagera en plusieurs pelotons. On fera de même de la cavalerie, qu’on di-visera en plusieurs petites troupes, dont on postera quelques-unes fur tous les chemins,les passages, travers champs & endroits couverts, par où l'on peut aller à Fennemi,s’étendant fur tout le front de son camp : les troupes de cavalerie & de dragons occu-peront les endroits de plaine, s’étendant fur une même ligne, observant un grand silen-ce, avec ordre de ne point tirer, quoiqu’il puìílè arriver, & d’arrêter tout ce qui vaou qui vient du côté de Fennemi: comme si l'on n’étoit là pour autre dessein, quecelui d’arrêter les espions & les déserteurs. On défendra à qui que ce soit de s’écarrerde son poste : c’est à quoi les Officiers auront une extrême attention. On joindrachacun de ces petits postes, ou petites gardes, par des sentinelles qui communique-ront de l’une k l’autré , pour qu’on puiífe savoir incessamment & promptement ce quife passe le long de la chaîne. La cavalerie en usera comme l’infanterie. S’il fe trouvedes maisons le long de 1a chaîne, on s’en rendra le maître fans bruit, pour que per-sonne n’en forte; & s’il y a des chiens, on les empoisonnera. Les Ilussars battrontFestrade le long de cette chaîne.
Voilà,ce me semble,le meilleur & le plus fur moien de masquer une armée,pourque le Général n’ait aucun avis de ce qui fe passe en dehors; & comme les espions &les soldats font déja informés qu’on leur tend des pièges, fans rien f à voir du véritabledessein du Général, il est impossible que les ennemis en puissent rien apprendre, quandils pourroient percer la chaîne: ce qu’ils ne fauroient faire fans tomber dans quelqu’u-ne des ‘embuscades. Cette méhode ôcc toutes les difficultés qui font rejetter ces forcesd’entreprifes, & les rendent aisées & faciles. Je ne pense pas qu’on puisse en trouver demeilleures. Ànnibal est le premier des Anciens qui s’en soit servi à la surprise de Ta-rente, mais non pas avec Fart dont je l’expliquc ici. Dans le projet que je fis pour lesecours de Mons en 1709. je proposai cette méthode, & le projet fut agréé de laCour,& envoié au Maréchal de Montesquieu, qui n’avoit nulle envie de s’embarquerdans un si grande entreprise. J’attendois quelques objections de fa part, mais il n’enavoit point à me faire. Je proposai encore cette méthode dans le projet du se-cours de Douai, dont j’ai parlé.
La première chose à quoi le Général doit penser avant que de fe déclarer,est de de-mander aux Majors de son armée un état juste du nombre des combattans,fur lesquelsh peut compter, celui des cavaliers & des dragons à pied. C’étoit la méthode de M.de Turenne,je la tiens bonne,& ce doit être celle de tout Général. II fait au moins,Quand Foccasion s’en présente, ce qu’il peut réellement opposer à Fennemi.
FeuM.de Vendôme prit de semblables mesures dans son entreprise fur le camp desEspagnols, ou pour mieux dire, fur trois camps tout à la fois pendant le siège deFarcelonne ; il ne sc peut rien imaginer de plus beau, de plus hardi, & de mieuxconduit. Larrey la rapporte en très-peu de mots.
Ce que ce grand Capitaine fit déplus vigoureux , dit l’Auteur, fut faction qui feP a Jfale 14. Juillet. II avoit appris par ses espions que ce jour-là la garnison devoit faireUn fsortie genéralefur la tranchée,pendant que les Espagnols, qui campoient à deux lieues'lomé L R