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Tome premier.
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37 a HISTOIRE DE POLYBE,

informer le Commandant des Carthaginois. Celui-ci auíîi-tôt assem-ble les autres Officiers, il les exhorte, il emploie les prières les pluspressantes & les plus belles promesses, pour les engager k demeurer fer-mes dans son parti, & à ne point entrer dans le complot. II ne les eutpas plutôt gagnés, qu’il les envola vers les soldats étrangers, Gaulois& autres. Pour leur aider à persuader les premiers, il leur joignit unhomme qui avoit. servi avec les Gaulois, & qui par là leur étoit fortconnu. C’étoit Annibal, fils de cet Annibal qui étoit mort en Sardai-gne. II députa vers les autres soldats mercénaires Alexon, qu’ils con-íìdéroient .beaucoup, & en qui ils avoient de la confiance. Ces Dépu-tés assemblent la garnison, Pexhortent à être fidèle,se rendent garansdes promesses que lq Commandant faifoit à chacun des soldats, & lesgagnent si bien, que les traîtres étant revenus fur les murs pour porterleurs compagnons à accepter les offres des Romains, on eut horreur deles écouter, & on les chassa à coups de pierres & de traits. C’est ainsique les Carthaginois trahis par les soldats étrangers se virent sur le pointde périr sons ressource, & qu’Alexon, qui auparavant par sa fidélitéavoit conservé aux Agrigentins leur ville, leur païs, leurs loix Scieurslibertés, fut encore le libérateur des Carthaginois.

Secours A Carthage, quoique Tonne fut rien de ce qui se passoit, on pen-pa" An- ^ néanmoins à pourvoir aux besoins de Lilybée. On équipa cinquan-nibaL te vaisseaux, dont on confia le commandement à Annibal, fils d’A-milcar, Commandant des galères, & ami intime d’Adherbal : & aprèsune exhortation convenable aux conjonctures présentes, on lui donnaordre de partir sons délai, & de soiíìr en homme de cœur le premiermoment favorable qui se présenteroit de se jetter dans la place assiégée.Annibal se met en mer avec dix mille soldats bien armés, mouille kEgufe entre Lilybée & Carthage, & attend là un vent frais. Ce ventsouffle, Annibal aussi-tôt déploie toutes les voiles, & arrive à rentrésdu port. Rembarras des Romains fut extrême. Un événement si su-bit ne leur donnoit pas le loisir de prendre des mesures : & d’ailleurssfils se fussent mis en devoir de fermer le passage à cette flotte, il étoità craindre que le vent ne les poussât avec les ennemis jusques dans leport de Lilybée. Ils furent donc réduits à admirer Faudace avec laquel-le ces vaisseaux les bravoient. D’un autre côté les assiégés assemblés futles murailles, attendoient avec une inquiétude mêlée de joie commentce secours inespéré arriveroit jusqu’k eux. 11s rappellent k grands cris,& l’encouragent par leurs applaudissemens. (a) Annibal entre dans so

O) Annibal entre iàns le port tête levée, £? ydébarque ses soldats .] Notre Auteur ne peut voirfans admiration i’audace étonnante de la flotteCarthaginoise, qui puise tout au travers de celledes lloimias. Je ne vois pus qu’il y ait dans cette

action un fl grand sujet de surprise. Annibal cinglapar un tems frais & vent arriére droit au port»lorsque le vent est tout à sait contraire auxR°*mains, & par conséquent aux manœuvres pour estempêcher feutrée, lis n’ávoient garde de se * er '