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Tome premier.
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214 . IIISTOI.RE DE P O L Y B E,tems-lk, nous instruira des véritables raisons qui ont fait naître entre îe§Romains & les Carthaginois cette guerre sanglante quhls se sont faitedu teins d’Annibal : éclaircissement qui donnera aux curieux d’autantplus de satisfaction, que ni les Historiens, ni même les deux partis op-posés, ne font d’accord fur ce point.

OB SERVATIONSSur la guérie d'Eryce.

§. I.

One la plûpart des hommes ne jugent du mérite des guerres qu'autant qid elles font gros-ses , & les armées de part & d'autres puissantes en appareil S en nombre d'hommes.

I L faut être connoisìcur pour juger sainement & solidement du mérite des guerresque rapportent les Historiens tant anciens que modernes. Je connois très-peu degens qui en soient.capables, & dont le goût ne soit de travers fur ce point. Le plusgrand nombre de ceux du métier, pour ne pas dire presque tous, qui lisent les uns& les autres, ne font .cas que des groílès guerres , que des guerres de grand appareil.Ils ne s accommodent pas des petites, elles ne rempliíìent pas aíìèz leur imagination& leur curiosité, quoique nous soions très-convaincus qu’il y a beaucoup plus deprofit à faire, & plus de moiens de s’instruire & de parvenir au grand de la guerredans celles-ci, que dans les autres: au moins c’cst où Ton connoît plus particulière-ment & plus sûrement ce que valent les hommes.

Ce que je trouve de bien surprenant, c est que tout se réduit au petit dans la dé-cision des batailles entre deux grandes armées, parce qu’il se trouve alïèz rarementdes plaines capables de contenir de si prodigieuses forces en bataille ; de sorte que"•dans une action, la plus grande partie demeure inutile, pendant que le petit nombredécide du tout dans le terrain qu’il peut remplir de part & d’autre. Si l’on m'ob-jecte que chacun des deux partis combattra fur plusieurs lignes redoublées qui suc-céderont les unes aux autres dans le combat, c est supposer une chose qui n arrivepresque jamais, & dont nous n’avons même aucun éxemple dans les Anciens. Onpeut bien s’imaginer que les Modernes ne nous en fourniront pas non plus. Deuxlignes peuvent bien se succéder, c’est-à-dire la seconde à la première, qui n’aura purésister au choc de celle qui lui est opposée. Comme cela s’est vû à la bataille deLc-ns, c’cst un de ces phénomènes militaires qu’il n'appartient qu’au grand Condé defaire paroître; car fa .première ligne fut totalement défaite. Je passe une ligne ren-versée & battue, & le mal réparé par la seconde; mais une troisième, une quatriè-me, ou une cinquième qui raccommode tout, & qui remporte la victoire après ladéroute des quatre autres, voilà ce que nous n’avons jamais vû ni ouï dire. LesRomains nous.fournistènt quelques éxemples des Iíastaires & des Princes battus,mais non pas totalement ; ils se remettent de leur désordre à la vûe des Triaires. LesModernes ne nous en soumissent aucun, la raison en est évidente : c’est qu’il s’enfaut bien que nos loix militaires ne soient auífi parfaites que celles des Romains. C’esttout ce oison peut demander de la discipline la plus exacte, du courare & de l’cx-