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Tome quatrieme.
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L I V R E III. CHAP. VI. 27

dure lin Traité,par lequel on s’ôtát la liberté de faire de nouveaux Al-liés ou de nouveaux amis,quand rnème op en trouveroit àia bienícan-ce, ou de défendre ceux qifon auroit pris de nouveau fous sà protec-tion. On ne prétendoit donc rien autre chose de part & d’autre, sinonqu’à l’égard des Alliés préívns il ne leur íèroit fait aucun tort, &.qu’jlne feroit permis en aucune maniéré aux deux Etats de faire des n Hiésl’un chez l’autre: & par raporc aux Alliés à venir : Que Von ne levé-volt point de soldats ; que l'on ne commanderait rien dans les Provin-ces ni chez les Alliés les uns des autres , £5? que les Alliés des deuxEtats Jéroìent chez P un £5? Vautre en sûreté. , .

11 est encore de la dernière évidence que longtems avant Annibal,Sagonte s’étoitmise sous la protection des Romains. Une raison incon-testable, & dont le s Carthaginois mêmes conviennent, c’eit qu’unefé- us.dition s’étant excitée parmi ies Sagontins , ce ne furent pas les Cartha-ginois, quoique voisins & maîtres de PEspagnc, qifiis prirent pour ar-bitres, mais les Romains; & que ce fut aussi par leur entremise qu’iîsremirent le bon ordre dans leur République. Concluons de toutes cesraisons, que íi la destruction de Lagon te est la cause de la guerre , ondoit reconnoître que c’cst injustement & contre la foi des Traités faits,

Pun avec Lutatius, & l’autre avec Asdrubal, que les Carthaginois pri-rent les armes; puisque le premier portoit que les Alliés des deuxNations seroient en sûreté chez Pun comme chez Pautre; &que le second défendoit de porter la guerre au-delà de P libre. Maiss’il est vrai que les Carthaginois ssaient déclaré la guerre , que parceque chassés de la Sardaigne, ils avoient en même tems été chargés d’unnouveau tribut, & pour saisir Poccaíion favorable de se venger de ceuxqui dans un tems, où ils ne pou voient résister, leur avoient fait cetteinsulte-, il faut absolument tomber d’accord que la guerre que les Cartha-ginois firent aux Romains fous la conduite d’Annibal, étoit très-jufte.

Des gens peu judicieux diront peut-être , en lisant ceci, qu’il étoitassez inutile de s’étendre si fort fur ces sortes de choses. J’avouë que Utilitéíi Phcmme, dans quelque circonstance que se soit, pouvoit íè suffire àlui-même, la connoissance des choses passées ne íeroit peut-être que cu-rieuse, & point du tout nécessaire. Mais il n’y a point de mortel quipuisse dire cela ni de lui-même, ni d’une République entière. Quel-que heureux & tranquille que soit le présent, la prudence ne permetpas qtPon íè promette avec assurance ce même bonheur & la même tran-quillité pour Pavenir. I! n’est donc pas seulement beau, il est encorenécessaire de sçavoir les choses qui íè font passées avant nous. Sans laconnoissance de ce que d’autres ont fait, comment pourra-1-on dans lesinjustices qui nous seront faites à nous-mêmes ou à notre partie,trou-ver des secours ou des Alliés? Si Pon veut acquérir ou entreprendre quel-que choie de nouveau, comment gagnera-t-on des gens qui entrent dansnos projets, «St qui nous aident à les exécuter ? En cas que l’on soit con-

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