LIVRE ÌIÎ. CHAP. VIL 29
fin. Or Ton ne peut apprendre tout cela que dans une Histoire univer-selle; celle des guerres particulières, comme de Perlée & de Philippe,nous laisse dans une parfaite ignorance de toutes ces choses ; k moinsqu’en lisant de simples descriptions de batailles, on ne croie voir l’éco-nomie & la conduite de toute une guerre. Or rien ne seroit plus malfondé. Concluons donc qu’autant qu’il est plus avantageux de fçavoirque d’écouter, autant mon ouvrage remportera sur desllistoires parti-culières. Retournons à notre sujet.
CHAPITRE VII.
Guerre déclarée. Annibal pourvois à la sûreté de T Afrique §5 dcP Espagne. Précautions qu’il prend avant que de fe mettre en marche,lis'avance vers les Fjrénées. Digre/Jìon Géographique.
L Es Ambassadeurs Romains laissèrent parler les Carthaginois fansleur rien répondre. Quand ils curent fini, le plus ancien de f A m-ballade, montrant son sein aux Sénateurs, leur dit qu’il’y avoit a portépour eux la guerre ou la paix, qifils n’avoient qu a choisir laquelle desdeux ils vouloient qu’il en fît sortir. Celle des deux qu’li vous plaira,répliqua le Roi des Carthaginois. C Ambassadeur aiant repris qu’il enjet toit la guerre, tout le Sénat répondit d’une voix qu’il Pacceptoit. Etaufli-tôt f Assemblée fe sépara.
Annibal étoit alors à Carthagéne en quartier d’hiver. II commença Anniba!par renvoier les Espagnols dans leurs villes: l'on dessein étoit de íò ga- HàTvgner par là leur amitié, & de fe mériter leurs services pour la fuite.' 11 reté demarqua ensuite k son frère Asdrubal de quelle maniéré il falloit qu’il s’y & A £- ÌqUeprît pour gouverner PEfpagne, & pour fe mettre en garde contre les 1 -^.Romains, en cas que lui Annibal vînt k s’éloigner. II prit après cela6 nc>des mesures pour qu’il n’arrivat aucun trouble dans l’Áfrique, faisantpasser pour cela, par une conduite pleine de sagesse, des íòldats d’A-frique en Espagne, & d’Espagne en Afrique, asm que cette communi-cation des deux peuples ferrât, pour ainsi dire,les liens d’une mutuellefidélité. Ceux d’Espagne qui passèrent en Afrique, surent les Theríi-tes, les Mastiens, les Espagnols des montagnes & les Olcades; ce quifaifoit en tout douze cens chevaux, & treize mille huit cens cinquantefantassins. II y si t aussi passer les Baléares, peuple ainsi apellé, aussibien que leur Isse (ci), parce qu’il le bat avec la fronde. La plupart
(íí) Peuple ainsi appeiìê, aujs bien que leur Ijìe ,iarce qu’ii se ha: avec la fronde. ] Ce que les
Historiens nous apprennent des frondeurs desIsles Baléares,, aujourd’hui Mniorque & Minor.
D 3