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Tome quatrieme.
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3$ HISTOIRE DE POLYBE,

bord pour s’oppofer au passage des Carthaginois. Annibal lors faisantréflexion qu’il n’étoit pas possible d’agir par force contre une íì grand;,multitude d’ennemis ; & que cependant il ne pou volt rester la, sanscourir risque d’être envelopé de tous les côtés, détacha à rentrée de latroisième nuit une partie de son armée sous le commandement d’Annonfils du Roi Bomilcar, & lui donna pour guides quelques gens du païs.Ce détachement remonta le fleuve jusqisa environ deux cens stades, oùil trouva une petite 111e qui partageoit la rivière en deux; on s’y logea,on y coupa du bois dans une foret voisine, & les uns façonnant les piè-ces nécessaires, les autres les joignant ensemble, en peu de tems ils sefirent autant qu’il falloit de radeaux pour passer le fleuve, & le passè-rent en effet sans que personne s’y opposât, ils s’emparérent ensuited’un poste avantageux, & y réitèrent toutcejour-là pour se délasser 6c íèdisposer à exécuter Tordre qu’Annibal leur avoit donné.

Ce Général faisoit aulli de son côté tout ce qu’il pouvoit pour passerle reste de farinée. Mais rien ne Tembarrassoit plus que lès éléphans,qui étoient au nombre de trente-sept. Cependant à la cinquième nuitceux qui a voient traversé les premiers s’étant avancés fur Tautre bordvers les Barbares à la pointe du jour, alors Annibal, dont les soldatsétoient prêts, dilpoíà tout pour le passage. Les pesamment armés dé-voient monter les plus grands bateaux, 6c Tin sauterie légère les plus pe-tits. Les plus grands étoient au-dessus, & les plus petits au-dessous;asm que ceux-là soutenant la violence du cours de Teau, ceux-ci en cui-sent moins à souffrir. On pensa encore à sure íùivre les chevaux à lanage, & pour cela un homme fur le derrière des bateaux en tenoit parla bride trois ou quatre de chaque côté. Par ce m oie n dès le premierpassage on en jetta un assez grand nombre íur Tautre bord. A cet as-pect, les Barbares sortent en foule & sans ordre de leurs retranchemens,persuadés qu’il leur feroit aisé d’arrêter les Carthaginois à la descente.Cependant Annibal volt sur Tautre bord une fumée s’élever, c’étoit lesignal que dévoient donner ceux qui étoient passés les prémiers, lorf-qu’ils seroient près des ennemis, il ordonne aussi-tôt que Ton se mitíur la rivière, donnant ordre k ceux qui étoient fur les plus grands ba-teaux de seroidir tantqu’ils pourroient contre ia rapidité du fleuve. Onvit alors le spectacle du monde le plus effraiant &ie plus capable d’infpi-rer la terreur. Sur les bateaux les lins s’encourageoient m utuellement avecde grands cris ,les autres luttoient pour ainsi dire contre la violence desflots. Les Carthaginois restés fur le bord, animoient par des cris leurscompagnons; les Barbares fur Tautre borddemando'ent à combattre enfaiíànt des hurlemens affreux: en même tems les Carthaginois,quié-toient de Tautre côté du fleuve, fondant tout d’un coup furies Barbares,les uns mettent le feu au camp, les autres en plus grand nombre char-gent ceux qui gardoient le passage. Les Barbares font eífraiés, unepartie court aux tentes pour arrêter finccndie, le relie le défend contre