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Tome quatrieme.
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LIVRE III. C II A P. VIII.

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I’ennemi. Arnibai animé par le succès, à.me/hre que ses gens débar-quoient, les range en bataille, les exhorte à bien faire, & les méneaux ennemis, qui épouvantés & déja mis en désordre par un événe-ment íi imprévu, furent tout d’un coup enfoncés & obligés de pren-dre la fuite.

OBSERVATIONSSur 1e passage du Rhône.

Oici un des plus beaux endroits & des plus intéresiàns de l'Histoire dr

V Polybe, Comme il étoit savant homme de guerre , on n aura pas dcpeine à concevoir qu’il se soit plû à nous donner une description exacte d’uneentreprise aulìi célébré que celle-ci, & que ce soit l'endroit le plus achevé deson Histoire.

Qu’Annibal ait traversé un fleuve si large & st rapide, & qu’il se soit conduit avecroute la prudence, le courage & shabileré d’un grand Capitaine, ce n’est pas ce quime surprend. Je ne vois même rien de fort surprenant dans son entreprise ,parce qu’el-le n’est pas lans exemple, & qu’il s’enjrouve une infinité dans les Historiens de l'anti-quité fort au-dessus do colle du paílàge du Rhône, conduites avec un plus grand art,& beaucoup plus difficiles & plus dangereuses, & même les Historiens modernes nous-en fournissent de plus difficiles & de plus brillantes. Avant lui l’on avoit passé déplusgrands fleuves, en présence d’une armée qui s’y opposoit vigoureusement par des rulèstoutes semblables, & plufieurs siécles après lui l’on a vu des Guerriers fameux qui ontréuffi dans de semblables dellèins.

On cesse d’admirer cette action d’Annibal ,lorsqu’on se représente tout ce qu’il sairaprès & les obstacles qu’il doit rencontrer en son chemin : que s’il dit, dans la haran-gue faite à ses soldats après le passage de ce grand fleuve,que le plus fort de l’on entre-prise étoit sair, il parloir en Orateur; il sentoit sort bien le contraire, & nous le sen-tons auíìì. Que d’obstacles h surmonter ne lui restent-ils pas encore? Quels font lesennemis qu’ìl va chercher? II s’en feue bien qu’il les trouve semblables à ceux qu’iivient de vaincre au passage du Rhône.

Qu’Alexandre ait traversé l'Hélespont, & percé l’Asie d’un. bout à l’autre, qu’ilpoufíè jusqu’aux Indes, je ne vois rien là qui arrête longtems mon admiration. Igno-roic-il quels hommes étoient les Perses? Heurter de droit front cette Puiíîànce, c’est,le dirai-je, moins que rien; mais les Romains surent-ils jamais méprisables? Les Car-thaginois n’avoient-ils pa.s éprouvé par tant de défaites & tant de disgrâces dans la pre-mière guerre Punique, k quels hommes ils avoient affaire? Que voioîent-ils dan.■ la:seconde? C’étoic le même peuple, devenu plus puifîànt par les conquêtes qn’ii avoirfaites fur eux & fur d autres peuples.

Annibul duc en avoir l’ímagination toute remplie. II ne voioit que difficultés &