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Tome quatrieme.
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52 HISTOIRE DE P O L Y B E,

& l’on attaquera l’ennemi brusquement & fans délibérer pour s’étendre, gagner àrterrain, & occuper les endroits qui paraîtront les plus avantageux. Par cette mé-thode chaque arme se trouve en fa place, & chacune fe soutient réciproquement.

Pendant qu’on en est aux mains, qu’orr avance, & qu’on s’étend le long des rivesdu fleuve, qu’on fait occuper le haut des digues, s’il s’en trouve, confine M. lePrince Eugène fit fur le Pô & le Canal-Blanc, on y poste du canon, ou l’on tâchede le placer fous la protection des Colonnes, n’y en aiant pas de meilleure, au juge-ment des plus habiles Officiers d’nrtillerie.

Comme il est à craindre après une première action qui aura réussi, que les diverscorps campés le long du fleuve ne viennent fe rassembler, & qu’ils ne marchent aprèscette jonction pour fondre fur ce qui aura passe, chose rare pourtant, il est toujoursbon de fe précautionner. Le meilleur n’est pas de lever terre,on ne le doit point, sil’on peut fe couvrir par des arbres coupés,qui,comme je l’ai dit si souvent,estl’ob-stacle le plus redoutable & le plus grand qu’on puisse opposer au nombre & à lavaleur.

Si l’ennemi s’est retranché fur le bord de Tenu fans laisser aucun terrain pour feformer, l’attaque devient trés-difficile &trés-dangc-reufe.. II faut nécessairement que lessoldats puissent combattre fur un terrain ferme, & capable de contenir deux cens hom-mes de front fur dix de profondeur : car quand les bateaux ne tireraient qu’un piedd’eau, il n’est guéres possible que les soldats puissent agir & combattre avec quelqueespérance de succès; s’ils ont le pied dans seau, ils perdent toute leur force,&cettelégèreté, lì nécessaire dans une attaque brusque & impétueuse. L’ennemi peut opposerencore d’autres obstacles & des pièges dans l’cau comme fur le bord, qui peuvent ren-dre la descente presque impratiquable. Celui qui attaque doit prévoir tous ces obstaclesqu’on pourrait lui opposer, & s’être précautionné contre tout événement. On plantesouvent des pieux dans l’eau à une certaine distance, ce qui empêche que les bateauxou les radeaux ne puissent avancer. On y jette des arbres entiers avec toutes leursbranches, autre obstacle qui vaut bien les pieux. On pratique quelquefois des puitsprès du bord. Tout cela fait perdre un teins infini, pendant qu’on est exposé à dessalves continuelles, qui. font périr une infinité de braves gens; mais il est très-rareque l’on fe serve de ces ruses. Si on les mettoit en œuvre dans le passage des grandesrivières comme dans celui des plus médiocres, ces fortes d’entreprifc-s deviendraientplus sérieuses qu’on ne ne pense; mais par je ne fai quelle fatalité, on trouve presquetoujours des Généraux qui négligent ces sortes d’obstacles, & qui fe moquent mêmede ceux qui les leur proposent, ce qui est à peine concevable; ils croient l’ennemicapable de surmonter tout, èe sont connoìtre par-lh qu’ils ne sont eux-mêmes capablesde rien. Le Marquis de Santa-Cruz, qui a donné au public de si beaux Ouvragesfur la guerre, pratiqua cette méthode dans la mer même: car craignant une descenteà Cagîiari, capitale de la Sardaigne, il fit enfoncer de gros pieux dans l’eau fur plu-sieurs rangs, de forte qu’il étoit impossible d’aborder le rivage.

Le meilleur expédient pour surmonter ces fortes d’cmbarras dont je viens de parler,est x de faire des ponts fur un des côtés des bateaux qu’on retient avec des cordages, oupar deux mâts qu’on laisse tomber, ou qu’on baisse c-n maniéré de pont-levis. Leurlongueur doit être au moins de deux toises: ce font des espèces defambuques, pourparler le langage des Anciens. J’en donnerais la figure, s’il n’y en avoir une dans montroisième Tome page i~. C'est une échelle dr quarante pieds de largeur qu’on abatfur la muraille; mais on peut l’imaginer semblable à un pont, & l’on fe trouvera2u fait.

A la surprise du château d’IIostilia, que j’avois proposées M. le Grand Prieur de