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Tome quatrieme.
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LIVRE 11 r. C H A P. I X. 59

qui étoient restés fur l’autre bord eussent joint. Or voici comme leséléphans passèrent. Après avoir fait plusieurs radeaux, d’ahord on enjoignit deux l’un à Hautre, qui faifoient ensemble cinquante pieds delargeur, & on les mit au bord de l’eau, où ils étoient retenus avecforce & arrêtés k terre. Au bout qui étoit hors de Peau on en attachadeux autres, & l'on poussa cette espèce de pont sur la rivière. II étoità craindre que la rapidité d u fleuve n’emportàt tout Pouvrage. Pourprévenir ce malheur, on retint le côté exposé au courant par des cor-des attachées aux arbres qui bordoient le rivage. Quand on eut pousséces radeaux k la longueur d’environ deux cens pieds, on en construisitdeux antres beaucoup plus grands que l’on joignit aux derniers. Cesdeux furent liés fortement í’un à l'autre ; mais ils rie le furent pas telle-ment aux plus petits, qu’il ne fut aisé de les détacher. On avoit enco-re attaché beaucoup de cordes aux petits radeaux, par le moien desquel-les les nacelles destinées à les remorquer pussent les affermir contre l’itn-pétuoíité de Peau, & les amener jusqu’au bord avec les éléphans. Lesdeux grands radeaux furent ensuite couverts de terre & de gazons, asmque ce pont fut semblable en tout au chemin qu’avoient k faire les élé-phans pour en approcher. Sur terre ces animaux s’étoient toujours lais-sés maniera leurs conducteurs; mais ils n’avoient encore osé mettre lespieds dans Peau. Pour les y faire entrer, on met k leur tête deux élé-phans. femelles, qu’ils suivent fans hésiter. 11s arrivent fur les derniersradeaux, on coupe les cordes qui tenoient ceux-ci attachés aux deuxplus grands,les nacelles remorquent & emportent bientôt les éléphansloin des radeaux qui étoient couverts de terre. D’abórd ces animauxeffraiés, inquiets, allèrent & vinrent de côté & d’autre. Mais Peaudont ils se voioient environnés leur fit peur, & les retint en place.C’eít ainsi qu’Annibal, en joignant des radeaux deux k deux , trouva lesecret de faire passer le Rhône à la plupart de ses éléphans. je dis kla plupart. Car ils ne passèrent pas tous de la même façon. II y eneut qui au .milieu du trajet tombèrent de fraieur dans la rivière., Aíaisleur chiite ne fut funeste qu’aux conducteurs. Pour eux la fer ct Sc íalongueur de leurs trompes les tira de danger. En levant ces'trompesau-dessus de Peau, ils respiroient, & éloignoient tout ce qui pouvoitleur nuire, & parçe moien ils vinrent droit au bord malgré la rapiditédu fleuve (V).

fa) Je ne íçai pas trop comment accorder icile Père Cntrou & Dom Thuillier. Le premiercite le troisième Livre de Polybe (a ; c'cst ce■Livre-là même que traduit le Bénédictin. 11sembleroit que dans l’un & dans l’autre on dûttrouver, sinon le même tour & les mêmes ex-pressions , du moins les mêmes circonstances.

■(«> tìift. Ronh (oui, yij. p. 103.

Pourquoi donc des circonstances st différentes?Dans la nouvelle Histoire Romaine je vois untrainc-au joint à la terre de part & d’autre avecdes cables, & deux bacs attachés au bout dutraîneau, & capables de transporter deux éléphanth la fois , quoiqu’ils ne les transportent que l unaprès l’auïre. Je ne trouve rien de tout celadans le nouveau Tradiictèúr. 11 n’y a pas demilieu, il faut que l’un ou l’aíitre a'ait pas bien

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