;F HISTOIRE DE P.OLYBÉ,
ordres pour le passage des éléphans, il assembla son armée, fit appro-cher Magile, petit Roi qui l’étoit venu trouver des environs du Pô,&fit expliquer aux soldats par un Interprète les résolutions que les Gau-lois avoient prises, toutes très-propres à donner du cœur «St de la con-fiance aux soldats. Car fans parler de Pimpreííìon que devoir faire fureux la présence de gens qui les appelloient k leur secours, & qui leurpromettoient de partager avec eux la guerre contre les Romains; ilsembloit qu’on ne pouvoitse défier de la promesse que les Gaulois fai-fòient de les conduire jusqu’en Italie par des lieux, où ils ne manque-ment de rien,& par où leur marche seroit courte & sûre. Magile leur-faisoir encore dés descriptions magnifiques de la fertilité & de reten-due du païs où ils alloient entrer, & vantoit fur tout la disposition,où étoient: les peuples de prendre les armes en leur faveur contreies Romains.
Magile retiré, Annibal s’approcfia & commença par rappelles à sessoldats ce qu’ils avoient fait jusques alors: il dit que quoiqu’iís se fussenttrouvés dans des actions extraordinaires «St dans les occasions les pluspérilleuses, ils n’avoient jamais manqué de réussir,, parce que docilesà ses conseils, ils n’avoient rien entrepris que fur ses lumières; qu’ilsne craignissent rien pour la fuite ; qu’après avoir passé le Rhône & s’ê-tre acquis des Alliés aussi affectionnés que ceux qu’ils voioient eux-mê-mesjils avoient dé j a surmonté les plus grands obstacles; qu’ìls ne s’i in-quiétassent point du détail de l’entrepriíè; qu’ils n’avoient.qu’k s’en re-poser fur lui : qu’ils fussent toujours promts à exécuter ses ordres ; qu’ilsme pensassent qu’k faire leur devoir, & à ne point dégénérer de leurpremière valeur. Toute farinée applaudit,& témoigna beaucoup d’ar-deur. Annibal la loua de ses bonnes dispositions, fit des vœux aux.Dieux pour elle, lui donna ordre de se tenir prête pour. décamper -le lendemain matin, «St congédia l’Asserablée. '
Combat Sur ces entrefaites arrivent les Numides qui avoient été envoiés à la«ntre découverte. La plupart avoient été tués, le reste mis en fuite. A pei-áeux par- ne p ort ] S cam p ? jl s étoient tombés dans la marche des coureurs Ro-mains envoiés aussi.par Publius pour reconnoître les ennemis, «St cesdeux corps s’étoient battus avec tant d’opmiàlreté, qu’il périt d’une partenviron cent quarante chevaux tant Romains que Gaulois , & de 1 autreplus de deux cens Numides. Après ce combat les Romains en poursui-vant Rapprochèrent des retranchemens des Carthaginois,examinèrenttout de leurs propres yeux, «St coururent aussi-tôtpOur informer le Con-sul de l’arrivée des ennemis. Publius fans perdre de tems, mit tout lebagage fur les vaisseaux, & fit marcher le long du fleuve toute son ar-mée dans le dessein d’áttaquer les Carthaginois.
Passage Le lendemain à la pointe du jour, Annibal posta toute fa cavaleried ha Elé " à coté de la mer comme en réservé, <St donna ordre k l'infanterie dep fe mettre en marche. Pouf lus ss attendit que les éléphans &, les soldats