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Tome quatrieme.
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LIVRE III. C II A P. XI. f?

nature eût été le dernier de sa vie. Voilà en peu de mots comme faction íèpassa, & comme je conjecture que ce grand Capitaine avoir disposé ses gens,

§- II.

Tantes des deux partis. Sentiment de Y Auteur fer la guerre des montagnes. Oidellèc ft de toutes la plus drftìcile & la plus profonde ; qu'elle demande une grande con -noijjancc d u pais , un esprit rusé , b une théorie peu commune dans la science desarmes.

U N Général qui s’endort fur la foi d’un Traité s’éveille dupe. Cela arrive pres-que toujours lorfqu’on entre dans un pais fans avoir au préalable demandé lepailâge. La bonne politique exigeoic qu’Annibal le traversât sans le demander ; de peurqu’étant refusé, ces peuples ne s’asièmblaílènt pour lui disputer le paflàge de leursmontagnes, & qu’ils n’appellaílènt les Romains à leur secours. O'ailleurs il n’y avoirpas trop à s’y fier, comme il y parut : car après avoir fait un Traité avec eux, ils lerompirent fans façon ; s'il eût marché fans nuls équipages, il eût passé fort tranquille-ment. Quoiqu’en dise notre Auteur, le Carthaginois fut surpris,- & manqua dans lesprécautions dans un païs où l'on ne fçauroit trop en prendre, & où l’on doit être dansune perpétuelle défiance. II oublia de íc saisir des paíïïiges & du sommet des montagnesqui ilrmoient la vallée, il eût dû y porter son infanterie lc-gére, il couvroit par là famarche. Cette faute,qui n’eil pas peu considérable, donna la hardiesse à l'cs ennemisd'tntreprendre fur son arriéregarde, & de profiter des hauteurs,dont ils firent leur ca-pital ; ce qu’ils n’eufiv-nt jamais-fait, s’ils n'en eufient été les maîtres, lans s’expofer auxmêmes dangers dont les Carthaginois ne purent se garantir. Quand on se trouve engagédans un détroit de montagne, on commence par fe saisir du haut qui domine sur la mar-cha; on fait souiller les bois & les villages qui les bordent,on y prend polie; & onles abandonne à mesure que l’armée avance. Cette faute d’Annibal faillit à le pèr-dre, & l’eût perdu en effet, si ces peuples n'eussent manqné de Chefs capablesde les commander.

Les sautes où ces Chefs tombèrent font d’autattt moins excusables,què les hommesqu’ils commandoienyie le cédoient cn rien aux Carthaginois. II y paroit aíièz par cequ’ils firent. Ils ti’avoient donc qu’à fe servir des avantages que le païs leur offroitmais ils les négligeront. On auroit cru qu’ils leur étoient entièrement inconnus. Ledeíìcin d’Annibal n’étoit pas de leur faire la guerre & d’attenter fur leur liberté, ils nepouvoient l’ignorer: il ne denrmdoit que le passage. Ils le sçavoieftt bien. Ils n’igtio-roient pas non plus que, quelque mai qu’ils sillènt à Annibal, ce Général peníoità'toute autre chose qu’a leur luire la guerre & à se venger. C’est cc qui les rendit moins-contraints à l’attaquer en vertu de les équipages, dont ils desiroient fort de se saisir. Cefut la seule raison qui leur fit tenter un deslèin autant bien conçu que mal digéré: cars’ils n’en vouloient qu’aux bagages, pourquoi attaquer l’arriéregarde, pnisqu’ils étoientmaîtres des hauteurs qui dominoienc fur la marche ? II salloit paslèr sur le ventre de toucce qu’ii y avoic d’infanterie d’éiice de l’armée Carthaginoise avant que de percer jus-.qu’au bagage, ce qui n’étoit pas fort ailé. N’euílcnt-ils pas mieux fait de fe présentera l’arriégarde &-de la tenir en échec,que de l’attaquer de droit front,pendant que leplus fore fût tombé fur la file des équipages, qui n’étoit escortée que de la cavalerie &-des armés à la légére, fans qu’il fût possible aux troupes de la tête,comme à celles de-là queue, d’accourir au secours dans des chemins étroits & parmi la file des bagages ::outre qu il salloit un tems considérable pour arriver au lieu du combat, & que dans ces-

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