L I V R r II L CHAP. XI.
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yir comme de réserve, pour dissiper ce qui a été rompu, ou pour les accidensinopinés.
Les Anciens doubloient ou triploient leur phalange dans les lieux resserrés & dans lesdétroits des montagnes. Alexandre en usa ainsi contre le Roi des Taulantiens, commeje l’ai dit ailleurs. Toute lTMoire est pleine de ces fortes d’exempks. Un seul noussuffira, quoique la vérité n'ait besoin d’autre soutien que d’elle-même.
Les Thébains aiant échoué dans certaine entreprise, jugèrent à propos de ne pas s’yopiniâtrer, & de faire retraite. Us allèrent s'engager dans un défilé fort étroit. LesLacédémoniens infiniment supérieurs, & informés qu’ils prenoient cette route, mar-chèrent à eux dans le dessein de les attaquer dans ces endroits difficiles, comme ils fi-rent. Cette attaque dans un lieu tel que celui où ils marchoient, jetta les Thébainsdans'une étrange inquiétude, vû le désavantagé du défilé. Ils dirent à Pelopidas, musvoilà tombés entre les mains de nos ennemis. Eh pourquoi , répondit-il, fommes-noustombés entre leurs mains plutôt qu'eux entre les nôtres? En même tems il commanda àla cavalerie de passer de la queue à la tête de son infanterie, qui étoit de trois cens hom-mes. 11 en fit une Colonne, comptant qu’un corps rangé de la forte ne pourroit êtreenfoncé, & qu’il cnfonceroit tout ce qui se présenteroit devant lui. II eut raison depenser ainsi: car ce corps soutint contre tout l’effort des Lacédémoniens, & lesbattit.
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Otte les pais de hautes montagnes offrent des avantages infinis à celui qui fie défend:que peu de gens connoì(fient ces avantages , que les pafiages qu'on garde pour uneretraite ne nous l'assurent pas toujours : que la disposition dam celui qui fie. défenddoit être la même que celle que fiai proposée.
I l’on fçavoit combien celui qui veut défendre un païs de hautes montagnes, qui
5 ^ n’ossrent que des gorges, des pas & des vallées profondes & pleines de précipices,a rì’avnntages fur son ennemi, on ne s’engageroit pas légèrement dans une entreprise stdifficile & si pleine de dangers. Pour en bien comprendre les difficultés, il faut, ou-tre une grande connoiílàncc du païs & beaucoup de méditation, une intelligence parti-culière pour cette forte de guerre, & un esprit tout des plus rusés. Un Sertorius, unZifca, un Castra ci o, un Montrofe, & tantd’autres qui ont excellé dans cette partiedes armes, s'en tireroient bien; mais un Général commun n’en viendroit jamais à bout.Qu’on choifiiïè les vallées que Ton voudra dans les Alpes ou les Pyrénées, - il ne s’entrouvera pas une seule qui ne fournisse à celui qui se défend, & qui íè trouvera maîtredes vallées qui font à côté, & d’ou il peut communiquer dans l’autre où l’ennemi s’estjette, tous les avantages qu’il fçauroìt desirer pour se bien défendre, & trouver uneinfinité d’occasions de iui couper les vivres & toute voie de retraite. On se contentede garder certains passages, certaines entrées; mais l’on ne s’apperçoit pas que de cepafiàge à une ou deux marches de là il y a des vallées étroites où il n’y a qu’un seulchemin pratiqué dans les rochers des montagnes, & bordé de précipices ou des détroitstrès-proíonds de montagnes, entre des rochers■ inaccessibles,qui empêchent celui quiiè défend de fe mettre entre deux, de le saisir de ces chemins & de s’y fortifier. C’estune affaire d’un moment, - Ne choilìra-t-ìl pas des endroits où il pourra communiquerpar les revers des montagnes? Rien n est plus aisé, & cent hommes suffisent pour arrê-ter toute une armée. Vous gardez le polie de Sezanne & dû ment Genévre, c’est as-sez, direz-vous, voilà ma retraite & mes convois aíTûrés : je m’assûre de quelques au-