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Tome quatrieme.
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LIVRE III. C H A P. Xlir. p p

bal, au bout de deux jours de marche depuis le Pô, arriva aux enne-mis , & le troisième il rangea son armée en bataille sous leurs yeux.Personne ne se présentant,il se retrancha à environ cinquante stades desRomains. Alors les'Caulois qui s’étoient joints à Annibal, voiant lesaffaires des Carthaginois fur un II bon pied, complotèrent ensemble detomber sur les Romains, & restant dans leurs tentes épioient le momentde les attaquer. Après avoir soupé, ils se retirèrent dans leurs retran-chemens, & s’y reposèrent la plus grande partie de la nuit. Mais à la .petite pointe du jour ils sortirent au nombre de deux mille hommes depied & d’environ deux cens chevaux, -tous bien armés, & fondirentîur les Romains qui étoient les plus proches du camp. 11s en tuèrentun grand nombre, en blessèrent aussi beaucoup, & apportèrent les tê-tes de ceux, qui étoient morts, au .Général Carthaginois.

Annibal reçut ce présent avec reconnoiflance, il les exhorta de con-tinuer à se signaler, leur promit des récompenses proportionnées k leurs.services, & les renvoia dans leurs villes,pour publier parmi leurs conci-toiens les avantages, qu’il avoit jufqu’ici remportés, & pour les porter àfaire alliance avec lui 11 n’étoit pas besoin de les y exhorter. Après l’in-stilte que ceux-ci venoient de faire aux Romains,il falloit que les autresbon gré malgré se rangeassent du parti d’Annibal. Ils vinrent en effet’ s’y ranger, amenant avec eux les Boiens,qui lui livrèrent les trois Ro-mains que la République avoit envoiés pour faire le partage des terres,&qu’ils avoient arrêtés contre la foi des Traités, comme j’ai rapportéplus haut. Le Carthaginois fut fort sensible à leur bonne volonté, illeur donna des assurances de l’alliance qu’il faisoit avec eux, & leurrendit les trois Romains, qu’il les avertit de tenir fous bonne garde,pour retirer de Rome par leur moien les otages, qu’ils y avoient en-ívoiés, selon ce qu’ils avoient d’abord projetté.

OBSERVATIONS

Sur le combat âe cavalerie entre Annibal £s? Publius Scipion âa$sla plaine auprès du Tèfin.

§- I.

‘Que la guerre ct Annibal contre les Romains , eft tout ce qu'on peut imaginer de

plus grand & de plus difficile.

N Ocre Auteur nous a conduits par la route des faits èi plusieurs grandes & impor-tantes parties de la guerre; nous ne les avons pourtant pas épuisées, car chacune€lt subdivisée en tant d’autres, qu’il n’eíî pas difficile de concevoir par ce que l’on a

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