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Tome quatrieme.
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' HISTOIRE DE P O L Y B L,,par les intervalles qui séparaient les escadrons. Les deux corps de ba-taille s’avancent ensuite, & en viennent aux mains. Le combat se sou-tient longtems à forces égales. De part «St d’autre beaucoup de cava- ■liers mirent pied à terre, de forte que faction fut d'infanterie commede cavalerie. Pendant ce tems-là les Numides envelopent, & sondent'par les derrières fur ces gens de traits, qui d’abord avoient échapé à lacavalerie, & les écrasent sous les pieds de leurs chevaux. Ils tombentensuite sur les derrières d u centre des Romains, & le mettent en fui-te. Les Romains perdirent beaucoup de monde dans ce combat ;la perte fut encore plus grande du côté des Carthaginois. Unepartie des premiers s’enfuit.a vauderoute, le reste . se rallia .auprès duConsul.

Publius décampe aussi-tôt, traverse les plaines & se hâte d’árriver aupont du Pô, «Sc de le faire passer à son armée, ne le croiant pas en sû-reté, blessé dangereusement comme il fétoit, dans un païs plat & auvoisinage d’un ennemi, qui lui étoit de beaucoup supérieur en cavale- •rie. Annibal attendit quelque tems que Publius mit <m œuvre son in- •fanterie: mais voiantqubl for toi t de ses retranchemens, il le suivit jus-qu’au pont du Pô.. 11 ne put.aller plus loin , le Consul après être passéle pont, en avoit fait enlever la plupart des planches. II prit prison-niers environ 'six cens hommes, que le Romain avoit postés à la têtedu pont pour favoriser fa retraite, & sur le rapport qu’ils lui firent que •Publius étoit déja loin, il rebroussa chemin le long du fleuve, pourtrouver un endroit où il put aisément jetter un pont. Après deux joursde marche, il fit faire un pont de bateaux, & ordonna à Asdrubal depasser avec farmée. II passa lui-mème ensuite, & donna audience auxAmbassadeurs qui lui étoient venus des lieux voisins. Car auffi-tôt aprèsla journée du Téfln tous les Gaulois du voisinage, suivant leur premierprojet, s’empressérent à l’envi de se joindre à lui, de la fournir de mu-nitions, de grossir son armée. Tous ces Ambassadeurs furent reçusavec beaucoup de politesse «Sc d’amítié.

LesGíiu- Quand farmée eut traversé le Pô, Annibal au lieu de le remonter,híssenTï-s comme lì< av °iï fàit auparavant, le descendit dans le dessein d’atteindreRomains, fennemi. ' Car Publius avoit auffi passé ce fleuve, & s’étant retranché.

auprès de Plaisance,..qui est une Colonie des Romains, il se faisoit làpanser lui & les autres blessés,fans aucune inquiétude pour ses troupes,qu’il croioit avoir mises à couvert de toute insulte. Cependant Anni-

tre de telles gens le victorieux se retire toujoursavec les marques effectives du vaincu , c’est-i-di-le, qu’il perd une infinité de monde, & ne secroit jamais assuré même après la victoire. Celaarriva aux soldats d’Antoine ; car après avoirpoursuivi les Parthes l’espace de cinquante sta-des, à leur retour voulant voir ceux qui avoient

été tués Sc pris, ils ne trouvèrent que trente pri-sonniers &; quatre-vingt morts : d’abord le décou-ragement ô? le désespoir s’emparent, dit Piutarque,de ces troupes, qui viennent à se représenter queiarsqu'elles sont villerieuses elles ne tuent que ce peud'ennemis - U lorsqu'elles font vaincues elles per-dent un Jt grand nombre de leurs gens..