LIVRE III. C II A P. XI IL
iop
donner les Gaules, bien moins dans le dessein de secourir le Languedoc, que pourse tirer promteinent d’un pas íì dangereux & gagner le Dauphiné, il tire de cecôté-là.
Vcreingentorix, qui le fuivoic en queue avec toutes ses forces, ravi d’avoir réduitles Romains à cette extrémité: aílèmblc les Colonels de fa cavalerie; „ leur dit que le„ tems de la victoire étoit arrivé; que les Romains abandonnoient les Gaules pour se„ retirer dans leur province, ce qui fussisoit présentement pour leur liberté ; '.fiais qu'il„ falloit les défaire pour leur ôter h jamais l'espérance du retour, parcs qu autrement ils„ reviendraient avec de plus grandes forces, & ne cesièroient jamais de les harcc-ller,„ Qu’il étoit donc d avis de les attaquer dans la marche, parce que s’ils abandonnoientleur bagage, ils perdraient l’honneur & le moien de subsister ; & s’ils sc vouloient„ défendre, ils ne pourraient ni avancer ni reculer, & seraient contraints de demeureren rncme lieu. Pour leur cavalerie, il dit qu’il ne falloit pas croire qu’elle eût la har-„ dieslè seulement de se détacher du gros de farinée; & que pour donner plus de cou-„ rage aux siens, & plus de terreur aux ennemis, il rangeoit son infanterie en batail-
le. Le lendemain Vcreingentorix fait trois gros de fa cavalerie, dont les deux
„ viennent fondre fur les aìlc-s, & l'autre attaquer l’armée de front dans fa marche.„ César partage sa cavalerie en trois à son exemple, & l’envoie contre l’enncmi. On se„ bat en même tems de tous côtés, l’iníanterie fait halte, & range en dedans touc'le„ bagage; lorsque la cavalerie de César a du pire, elle tourne tête de ce côté-là: ce„ qui rend le courage aux siens, & arrête la poursuite des Barbares. A la lin les Alie-„ mans gagnent le haut d’une colline, qui étoit fur la droite , & après avoir chasiè les„ Gaulois, les poursuivent jusqu’à la rivière, où Vcreingentorix étoit en bataille avec„ son infanterie. Le reste de la cavalerie volant la fuite des liens, se rc-tire de peur„ d’être envelopé. On remporte la victoire par tout. Vcreingentorix, voiant toute„ sa cavalerie rompue,-fait rentrer son infanterie dans son camp au même ordre qu’el-„ le étoit, & se retire vers Alexia, que César.assiège”,-
La faute du Général des rebelles est infiniment plus grossière que celle de Scipiorr.Celui-ci le trou volt dénué & éloigné d’une marche de son infanterie, qui n’étoit pas àportée de le secourir à tems; au lieu que Vcreingentorix eût pû faire avancer la sienne,àTexemple de son ennemi, qui la fait avancer,-ct soutient ainsi une arme par l’autre.C’cst à quoi le Gaulois-ne pensa jamais, quoique son infanterie fût à portée, ct se faitbattre lorsqu’il est en état d entrer dans un engagement général, ou de rentrer dans soncamp, fans que cette disgrâce pût tirer à conséquence. Elle fut pourtant la cause deson malheur & de sa retraite insensée. II dépendoit absolument de lui, comme je l’aidit, de tenter une action générale, ou de rester dans son poste ; & ce parti, qui étoitcelui qu’il s’étoit proposé, étoit le meilleur pour ruiner l’armée de César, qui se reti-rait cn hâte hors des Gaules, faute de subsistance & de places, qui s’étoienr déclaréescontre lui, & où il avoir établi ses magasins & le siège de la guerre. Epouvanté d’unedisgrâce qui ne pouvoir avoir aucune mauvaise suite, - il se retire à la tête d’une arméeinnombrable,qui n’a point combattu,pour s’allerenfermer dans une place ct s’y faireassiéger, lorsqu’il pouvoir tenir la campagne. Scipion ne se trouve pas affûté derrièreun grand fleuve comme le Pô. Que fait-il? J’y reviens encore pour faire voirTé-norme sottise de ce Général, il va fe couvrir d’un méchant ruiílcau guéable partout,loríqa’il a mille moiens de réduire son ennemi à l’absurde.