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HISTOIRE DE P O L Y B E,
OBSERVATIONSSur la Cavalerie ) 6? sur les combats de cette forte à'arme.
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Sentiment fur la lance. Quelle étoit peu avantageuse. Qiie le ìrrop grand nombrede cavalerie dans les armées , efl inutile <S? de peu d effet. Sentiment de P Auteur
fur cette arme. Quelle n efl forte & redoutable que lorsqu'elle efl soutenue par l'in-fanterie. Des pelotons de celle-ci enchâssés entre les escadrons. Preuves de l'ex-cellence de cette méthode. Défauts de nos armes a Végard de la cavalerie.
L A Noue, qu’on peut mettre au nombre des Capitaines les plus renommés de foutems, célébré par son profond içavoir dans l’infanterie, & par fes Ouvrages fur lascience des armes, qui sont fort estimés des Connoisseurs, le récrie fort contre la ma-niéré de combattre de la'cavalerie de son tems, qui le rangeoit en haie & fur un seulrang. Elle ne fe batioit pas par escadron , dit un Historien éclairé (s), je veux direque quand une troupe de gendarmerie alloit à la charge avec la lance , elle étoit d'tmseul rang. Ce que f ai dit de la gendarmerie , pourfuit-il quelques lignes après,qu'elle ne fe bat toit point par escadron , fe pratiquait aufjì par la cavalerie légére,&cela fe jdíflnt de la forte jusqu'au régne de Henri IL oh l'on commença à efeadronner.Encore cut-on bien de la peine h fe défaire d’une si méchante coutume: on y revenofcsouvent. E'Auteur cité plus haut, a fort bien remarqué que le.Prince de Coudé ran-gea fa cavalerie cn haie à la bataille de Saint Denis fous Charles IX. II est certain qu’oneut bien de la peine h s’en retirer. Cependant quelque folle & peu sensée que fût cetteméthode, elle trouva des défenseurs passionnés, lors même qu’elle fut abandonnée : àla vérité c’étoient dc pitoiables défenseurs. Nous en trouvons encore aujourd’hui quidisputent fur des usages qui ne font guéres moins absurdes & moins insensés, oc quirendent ridicules ceux qui les soutiennent. .
II y avoit dc quatre sortes de cavalerie, les Lanciers, les Coraíìès ou Cuîrassic-rs,pour parler le langage d’aujourd’hui, l’Arquebusier à cheval, & les Dragons. Ceux-ciétoient des soldats à cheval pour les entreprises de promte exécution, & ne combat-toient qu’à pied. Les premiers sb') avoient, outre la lance, l’épée & les pistolets; &comme cette cavalerie étoit presque toute composée de Noblesse, on lui f&ifoit sou-vent mettre pied h terre, & elle combattoit avec la même valeur. Les cuirassiers nechargeoient qu’avec l’épée & le pistolet. A l’égard de l’arquebusier h cheval, il n’a-voit de plus que le mousqueton. Ces trois dernières espèces de cavalerie paslòientsous le titre de cavalerie légère.
George Basta, qui a été un des plus grands Capitaines & un des plus grands hom-mes de cavalerie de son siécle, & avec cela Auteur, & Auteur dogmatique fort estimé,rejette absolument la lance dans son Traité de la cavalerie. II est assez grave pour être
(fl) Dan■ Hist. de la Milice Franç. ttm. I. liv. 5. p. 314.b) Walhaujen, Art. milit. á cheval.