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Tome quatrieme.
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US HISTOIRE DE POLYB'E,

blabie à celai du combat du Tésin, pour ne pas sortir de mon sujet. Je suppose doncque l’ennemi est plus fort de moitié en cavalerie, & même de deux tiers. C’est beau-coup , mais c’est peu, lorsqu’on peut tirer parti de son infanterie un peu mieux queScipion ne 6t.

La méthode d’aujourd’hui est de se ranger sur deux lignes, à la cavalerie commedans l’insanterie, dans les combats considérables, ou dans les batailles. Je ne discon-viens pas que cette méthode ne soit bonne, quoiqu’on voie rarement que les lignes sesuccèdent, tout dépend des têtes. Si une première ligne est battue, amoins d’unegrande valeur & d’une conduite égale dans les. Chefs, il est rare que la défaite d’unepremière ne cause celle d’une seconde, & sur tout dans la nation Françoise dont lepremier choc est tel. & 6 redoutable, que 6 la première ligne est renversée, il est diffi-cile que la seconde répare ie malheur de la première; & cela n’est guere moins rarechez nos voisins, quoique plus patiens:& plus flegmatiques.

La première chose que le Général doit faire dans ces sortes de combats, est d’ordon-ner à fa cavalerie de mettre le mousqueton bas,pour lui ôter l’envie de s’en servir,&de la réduire à charger l’épée à la main, avec ordre destiner tout le feu de l'ennemi,de marcher gravement à lui l’épée à la main, & de ne prendre carrière qu’à soixantepas. Voici l’ordre fur lequel je voudrois combattre. Je suppose l’ennemi fort de vingt-quatre escadrons rangé fur deux lignes (2) (3) contre douze que je lui oppose, & au-tant de compagnies de grénadiers. Supposant mes escadrons à cent trente maîtres, jeles réduis à quatre-vingt, de sorte qu’il me reste six cent chevaux par cette réduction.J’expliquerai bientôt Fustige que j'en veux faire. Je range mes escadrons fur une feuleligne (4), me souciant pc-u d’ctre débordé. Une compagnie de grénadiers ( 5 ) ( 6 )fur six de hauteur à mes ailes (7) pour les flanquer contre le choc des .escadrons en-nemis (8) qui me débordent. .Trente grénadiers partagés en deux pelotons (9) à laqueue de chaque escadron, pour se jetter à droit & à gauche sur les flancs de ceux del’ennc-mi au premier instant du choc. Je mets une réserve (10} de trois escadrons queje poste au centre, qui font deux cens quarante chevaux. Je forme deux escadrons(11) des cent soixante qui me restent, que je mets à la queue de chaque escadron demes ailes pour les accidens inopinés. II me reste encore deux cens grénadiers, centdétachés des dix compagnies, & deux compagnies entières, celles-ci (12) flanquerontla petite réserve ; deux pelotons de vingt grénadiers, tirés des cent détachés, partagésen quatre pelotons derrière,ou à côté des deux escadrons (11). Voilà l’ordre fur le-quel je voudrois combattre, en mêlant & soutenant une arme- par l’autre. Voici ce-lui qu’on doit observer dans . le combat.

On marchera au pas à l’ennemi sans tirer un seul coup & l’épée à la main, la carrièreà soixante.pas; dès le moment qu’on sera prêt à choquer, la réserve (10) passera en-tre les escadrons de la première ligne ennemie, courant les lignes ponctuées (14) pourtomber brusquement sur ceux du centre de la seconde (3) la séparer de ses ailes, &l’enfoncer pour replier subitement sur les: flancs de ceux qui restent en entier. Les pe-lotons (9) s’enchâstèront entre les distances des escadrons ennemis, qu’ils prendront enflanc à droit & à gauche, à coups de fusils & de baïonnettes. Les compagnies (5)( 6 ) qui flanquent à chaque aile feront grand feu fur les escadrons ennemis qui débor-dent, & les obscurciront fans abandonner l’escadron de chaque aile, soutenu encorede l’escadron (i 1). On peut voir par cette façon de combattre que chaque arme at-taque & se défend par elle-même.

Quelques-unsde ceux qui sont pour les gros escadrons me blâmeront fans doute, &trouveront à redire que j’en oppose de si petits contre des gros. Cette objection n’est pasauuvment sort vigoureuse, je répondrai à cela que je ne ferai jamais pour lesgroseíèa-