LIVRE III. CHAP. XIII.
119
dròns',mais pour les petits bien commandés, bien menés & qui vont brusquement auxennemis fans tirer, & l’épée à la main contre d’autres qui combattent à la façon ordi-naireD’ailteurs tries pelotons suppléent, & je prétens bien qu’ils suppléent au-delà dela foi,-lesté de mes escadrons; ainli cette objection tombe par terre. Ils me demanderontpeut-ètre des autorités; je leur répondrai que les autorités, & les exemples font peunécest'aiiìs ,& ne prouvent pas toujours, mais la raison & la vérité ne trompent point :s’il falloir pourtant en citer nous ne finirions pas si-tôt, les Historiens de lantiquité enfont tout remplis, & les modernes encore plus: car ce que le grand Condé dit des gr -sescadrons, n’est pas article de foi. Gustave Adolphe, & tous ces grands hommes quifont venus après lui & qu’il forma de la main, fçavoient parfaitement par ce qu’ilsavoientvudecegrand Capitaine, & par ce qu’ils pratiquèrent, qu’un escadron de centvingt,ou cent cinquante,épaulé d’un peloton de cinquante arquebusiers rendóit tou-jours bon compte des gros, de ceux de trois k quatre cens maîtres, c’est ce que Wal-stein éprouva k Lutzen, & cependant quel homme étoit-ce que ce Walstein! Je neme retirerai pourtant pas fans satisfaire ceux qui ne fe contentent pas de la raison, si ellen’est àppuiée de l’exemple. Comme il n’y en a aucun qui frape tant que ceux qui ap-prochent le plus de nous; je crois qu’il est toujours mieux de citerceux de notre teins,que dectemonter aux siécles antiques,ni même à ceux de nos pères, nous allons citerun fait mémorable qui s’est passé de nos jours, ce qui le rend encore plus intéressant.Je le tire de l’Auteurdes mouvemens & eampemens des armées en Flandres. Ceux quife font trouvés à cette action; disent qu’il a écrit conformément à la vérité,
,, Le 19. Septembre 1691. M. de Luxembourg aiant fçû que les ennemis décam-,, poient de Leufe, marcha avec ces mêmes troupes, qui étoient au nombre de foi-„ xante-&-dix escadrons ; croiant bien qu’il pourroit joindre leur arriéregarde. 11 pritle chemin qui va de Tournai à Mons, qu’il suint jusqu’à Bresse; & pour lors lelaissant à droit, il alla pasièr auprès de Vilanpinche, qu’il laisià à gauche, & Tourbeh droit, d’où il entra dans la plaine que les'ennemis occupoient entre le ruisièau deLeufe & celui de la Catoire. M. de Vìllars qui avoit marché de grand matin pourjoindre M. de Marfilli, manda à M. de Luxembourg, qui étoit en chemin, qu’ilvoioit plusieurs troupes des ennemis en bataille près de lui. M. le Maréchal lui en-,, voia dire de ne rien engager qu’il ne fût arrivé. Aussi-tôt qu’il y fut, il vit une,, ligne de feizeà dix-sept escadrons, qui fonnoient leur arriéregarde. Ces troupes étantde beaucoup supérieures au corps de M. de Villars, il fit avancer en toute diligence„ la Maison du Roi, qu’il mit en bataille dans un terrain convenable, pareequ’on le„ remplissoir. Il plaça íà droite à Tourbe, & fa gauche proche Leufe. Sur fa droite„ il posta les deux régimens de dragons du Roi & de Testé qui la fermoient. Et il,, la gauche de !a Maison du Roi trois escadrons de Mérinville.
„ L'armée ennemie étoit campée de cette maniéré: la droite étoit k Leufe, & la„ gauche au pont de Catoire. Les ennemis qui avoient crû d’abord que les troupes„ que commandoit M .de Villárs étoient celles que commandoit M. de Befons fous„ Mons, furent bien étonnés lorsqu’en les voiant de plus près, ils reconnurent que„ c’Ctoitla Maison du Roi, Lr qu’il n’y avoit plus à reculer. Cela les obligea de re-,, passer au plutôt toute la cavalerie de leur aile gauche, première & seconde ligne, cri„ deçà du ruisièau de Bliqui, & du défilé de la Catoire. A mesure qu’ils arrivoient,,, ils formoitnt des lignes derrière cette arriéregarde, & firent avancer derrière des haies,„ qui étoient fur leur gauche, cinq bataillons qui fe trouvèrent opposés aux deux„ régimens de dragons que nous avions fur notre droite.
„ M. de Luxembourg voiant que les ennemis pouvoient beaucoup grossir leurs trou-„ pes,fit ébranler les gardes du Roi pour charger les ennemis: ils les attendirent stère-