126 HISTOIRE DE POLTBE,
armes, íí ne faut pas en être surpris. De son teins nos baïonnettes étoient inconnues,& les soldats bien moins exercés à tirer. 11 ne laisse pas que de faire l’éloge de cettenation, & de l’estimer infiniment, car elle possède de grandes parties pour lesgrandes choses.
„ Leur valeur, dit-il, naît premièrement d’une complexion robuste, point cor-„ rompue parles débauches, animée d’un sang pur, plein d'efprits, puis de la conncis-„ sauce de la guerre & des exercices militaires, de la confiance qu’inspirent les victoi-„ res passées, des deux grands pôles du inonde politique,qui font la récompense &„ la punition, dont Tune est très-grande & l’autre très-vigoureuse chez les Turcs.;„ enfin la religion qui leur promet un bonheur éternel, s’ils meurent en combattant-,„ & qui leur persuade -que chacun porte écrit sur ion front son heure fatale,„ & que c’est une chose inévitable.
■ Ils font revenus de cette opinion, s’il est vrai qu’ils en aient été persuadés. Je crois-que ce qui les rend braves, déterminés & d’une volonté admirable, c’est uniquementles récompenses. Montécuculi ne se laílè point d’en parler. II écrivoit dans un tems,où elles étoient fort rares dans les troupes Impériales. „ Elles font excessives chez les„ Turcs , dit-il ,& les chdtimens atroces. Ils font persuadés que ces deux choses font„ comme les rênes de 1 -Etat : qu’il faut de la rigueur pour faire observer les choies„ rudes & difficiles, & qu’il faut quelque chose de plus que des louanges pouf„ paier des actions de valeur. Rien de plus vrai.
Pour revenir à leur cavalerie, à celle des Arabes, des Tartares & des Maures, ikont encore un avantage qui n’est pas de petite considération ; c’est qu’outre la bonté &la légèreté de leurs chevaux, beaucoup meilleurs, quoique plus petits que les nôtres &moins chargez de siamois, ils font encore à cheval iì court fur l’étrier, qu’un cavalierest astis comme fur un tabouret. II se relève tout droit en courant s’appuie fur sesétriers pour avoir plus de coup & assener de plus loin. Les Ilustàrts n’en usent pas au-trement irais leurs chevaux ne font pas st bons. Un cavalier h cheval de la forte estplus ferme, plus hardi, & les chevaux d’un escadron plus ferrés: car les selles tou-chent les uns aux autres, •& non pas les jambes des cavaliers, & des bottineslúffisent lorsqu’on-est à cheval comme les Turcs.
Les armes des cavaliers Arabes, & celles des cavaliers de Fez & de Maroc, fout tropavantageuses pour n’en pas parler ici. Estes fout telles, que fi la cavalerie Espagnolen’eût été soutenue d’infanrcrie h la bataille que le Marquis de Lcde donna en 1702.fous Ceuta,elle eût été entièrement défaite en fort peu de tems. Les cavaliers de cepaïs-là n’ont pour toute arme que le sabre,& une maniéré de demie pique d’environhuit pieds de longueur. Le bois va un peu en diminuant depuis le milieu jufqu’au ta-lon, où il y a une espèce de rebord dc plomb ou de cuivre du poids.de demie livre, lalame d’un grand pied de long, très-aiguë & tranchante, de deux pouces,ou environdans fa plus grande largeur, avec une petite banderole íòùs le fer. Ils se servent de cettearme avec une ndreste surprenante. í!s la tiennent à la main parles bouts des doigts Síen équilibre, comme on voie en B, & le poids, qui est a [extrémité du talon, laitque le côté du fer est toujours plus long que vers le talon ; ils portent leur coup deplus loin. La cavalerie Espagnole eut affaire h celle des Maures armée de la forte, quidès le premier choc jet-ta à bas des chevaux : sens le .premier rang des escadrons Espa-gnols, & fans finfanteriey qui se trouva la tout h propos, i! n’en fùt pas échapé unseul. On remarqua en cccte occasion què supée Espagnole n’ét-oit d’aucun effet.
Je ne crois pas qu’on puistè rien imaginer de plus redoutable qu’une arme telle quecelle que je viens de décrire. Le moien de pouvoir aborder un escadron armé de lasorte, qui nu premier choc jcoe un premier rang par terre, & en fait autant dusecond*