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fi celui-cì veut tenter l’avanture, chaque cavalier étant comme aílïïré de tuer son hom-me : car il porte son coup de toute la longueur de son arme en s’élevant droit fur lesétriers. 11 se haisie & s’étend jusques fur le cou de son cheval, & porte son coupavec tant de soldeur, de force & de justestè, qu’il perce un homme d’outre en outreavant qu’il ait eu le tems de rapprocher, & se releve avec la même légèreté & lamême vigueur pour redoubler encore. Le lancier n’avoit qu’un coup h donner,& ce coup n’étoit jamais fans remède, l’ennemi pouvant f éviter cn s’ouvrant ; maisrien ne sçauroit résister contre la lance des Maures, qui charge par coups redou-blés comme l'on feroit avec une épée.
CHAPITRE XIV.
Scipion passe ìa Trébie , L? perd son arrièregarde. Les Gauloisprennent le parti d'Annibal. Mouvemcns que cette dófeíììon cau-se a Rome . Annibal entre par surprise à Clajlidium Combatde cavalerie. Conseil de guerre entre les 'deux Consuls. Ruse d'An-nìbal.
C Ette trahison des deux mille Gaulois donna de grandes inquiétudesà Publias,.qui cnûgnoit avec raison que ces peuples, déja indis-posés contre les Romains, n'en prissent occaiion de se déclarer tous enfaveur des Carthaginois. Pour aller au-devant de cette conspiration,vers les trois heures après minuit il léve le camp, & s’avance vers laTrébie & les hauteurs qui en sont proche, comptant que dans un postesi avantageux & au milieu de ses alliés on n’au.roit pas Paudace de venirPattaquer. Sur Pavis que le Consul étoit décampé., Annïbal lui mit enqueue la cavalerie Numide, laquelle il íit suivre peu après paiTautre, •qu’il suivoit lui-mème avec toute l’armée. Les Numides entrèrent dansle camp des Romains,.& le trouvant désert & abandonné, ils y mirentle feu. Ce fut un bonheur pour l’armée Romaine. Car si les Numides,fans perdre de tems, l’eussent poursuivie & eussent atteint les' bagages,en plaine comme ils étoient, ils auroient fort incommodé les Romains.Jvlais lorsqu’ils les joignirent, la plupart avoient. déja passé la Trébie.II ne restoit plus que l’arriéregarde, dont ils tuèrent une partie, & pri-rent le reste prisonnier.
Publius passa la rivière v & mit le camp auprès des hauteurs. II íèfortifia d’un fossé & d’un retranchement, & en attendant les troupesque Sempronius lui araenoit, il prit grand foin de fa plaie, pour êtreen état de combattre, si l’occasion s’en présentoir; Cependant Annïbals’approche, & campe à quarante stades du Consul. La les Gaulois-qui habitoient" dans ces plaines, partageant avec les Carthaginoisles mêmes eípórances, leur apportèrent vivres 6c munitions en abon-
Les Gncloisprennent leparti -d’Anni*br;L