128 HISTOIRE 'DE POLYBE,
dance, prêts eux-mêmes d’entrer de leur part dans tous les travaux &tous les périls de cette guerre.
Mouve- A Rome, cjuand on apprit faction qui s’étoit passée entre la cavale-11,6115 rie, on y fut d’autant plus lurpris, que l’on ne s’attendoit pas à cette
sectfon * nouvelle. Mais au reste on trouva des raisons pour ne pas regarder celacause à comme une entière défaite. Les uns s’en prirent à une trop .grandeRome. précipitation de la part du Consul; les autres .à la perfidie des Gauloisalliés, qui k dessein ne s’ctoient pas dcfendus, perfidie qu’ils conjectu-roient fur l’inîidélité que ces peuples venoient tout récemment de com-mettre. Mais comme l’infanterie étoit encore en son entier, on lèflattoit qu'il n’y avoit encore rien k craindre pour le salut de la Répu-blique. Aussi lorsque Sempronius traversa Rome avec ses légions,on y crut que , dès qu’il leroit arrivé au camp , la présence seuled’une íi puissante armée mettroit Annibal en fuite, & terminerait laguerre.
.Annibal Toutes les troupes s’étant rendues à Ariminum, selon qu’on-s’y étoitreprend engagé par ferment, Tiberius k leur tête fit diligence pour joindre sondimn." Collègue. II campa près de lui, lit rafraîchir lòn armée, qui depuisLilybée juíqu’k Ariminum avoit marché pendant quarante jours de fuite,& donna ordre que l’on diípoiât tout pour une bataille. Pendant quel’on s’y préparoit, il visitoit louve n t Publius, il se faiíòit rendre comp-te de ce qui -s’étoit passé, «Sc ils tenoient conseil eníc-mble fur ce qu’il yavoit k faire. Annibal,pendant leurs délibérations, trouva moien d’en-trer dans Ciastidium, dont le Gouverneur pour les Romains lui ouvritles portes. Maître de la garnison & des magasins, il distribua les vivresa son monde, &. joignit les prisonniers k ses troupes,fans leur faire au-cun mal, pour donner un exemple de la douceur dont il voiiloit user,asm que ceux qu’on prendroit dans la fuite espérassent dc trouver leursilut dans fa clémence. Pour gagner aussi aux'Carthaginois tous ceuxque les Romains avoient mis en Charges, il récompensa magnifique-ment le traître, qui lui avoit livré Ciastidium. Peu après aiarrt décou-vert que quelques Gaulois d’entre le Pô & la Trébie, qui avoient faitalliance avec lui, ne iaissoient pas que d’entretenir quelque liaison a ecles Romains, comme pour avoir un refuge assuré dc quelque côte queia fortune se rangeât, il détacha deux mille hommes de pied &. millechevaux tant Gaulois que Numides, avec ordre de faire le dégât furleurs terres. Cet ordre fut exécuté fur le champ, & le butin fut grand,l.es Gaulois coururent aussi-tôt aux retranchemens des Romains pourdemander du secours.
Combat Sempronius, qui attendoit depuis longtems Foccafion d’agir, saisitkrie' iVa " ce prétexte 11 envoie la plus grande partie de la cavalerie avec millearchers pied, qui passent en hâte la Trébie, attaquent ceux qui em-portoient le butin, òc ies obligent de prendre la fuite & de le retirer àiciiîs retranchemens. La garde du camp court au secours de ceux qui
etoient