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Tome quatrieme.
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LIVRE III. CHAP. XV. i 3 r

ensuite le reste des Officiers, les anime au combat, & les avertitde faire repaître tout leur monde, «Sc de disposer leurs armes & leurschevaux.

Dès que Sempronius vit la cavalerie Numide, il ne manqua pas delâcher la sienne, «Sc de lui donner ordre d’en venir aux mains. Llle futsuivie de six mille archers à pied, il sortit ensin lui-même des retranche-mens avec tout le reste de lès troupes. 11 étoit si fier de la nombreuíèarmée qu’il commandoit, «Sc de .f avantage qu’il avoit remporté le jourprécédent, qu’il s’imaginoit que pour vaincre il n’avoit qu’à fe présen-ter. On étoit alors en plein hiver, il neigeoit ce jour-là même, &fâisoit un froid glaçant, & farinée Romaine s’étoit mise en marche sansavoir repu. Le soldat part avec empressement «Sc grand désir de com-battre: mais quand il eut passé la Trébie, enflée ce jour-là par les tor-rens qui'y étoient tombés des montagnes voisines pendant la nuit, «Scoù il avoit de seau jusques sous les aisselles, le froid «Sc la faim (car lejour étoit alors assez avancé) favoient étrangement afíoibli. Au lieuque les Carthaginois avoient bu «Sc mangé sous leurs tentes, avoientdisposé leurs chevaux, s’étoient frottés d’huile, «Sc revêtus de leursarmes auprès du feu.

Quand les Romains furent sortis de la rivière, Annibal, qui attenddoit ce moment, envoia devant, au secours de ses Numides, les ar-més à la légère «Sc les frondeurs des Jíles Baléares, au nombre d’envi-ron huit mille hommes, & les suivit à la tête de toute l’armée. A unmille de son camp, il rangea sur une ligne son infanterie, qui faifoitprès de vingt mille hommes tant Gaulois, qu’Efpagnols & Afriquains.La cavalerie , en comptant les Gaulois alliés, montoit à plus dedix mille hommes, il la partagea fur les aîles; où il plaça aussi les élé-phans, partie devant la gauche, partie devant la droite.

Sempronius de son côté rappella fa cavalerie, qui se fàtiguoit inuti-lement contre les Numides, cavaliers instruits & accoutumés à fuir endésordre au premier choc, «Sc à revenir à la charge aussi hardimentqu’ils y étoient venus. Son ordonnance fut celle dont les Romains ontcoutume de se servir. 11 avoit à ses ordres seize mille Romains «Sc vingtmille alliés, nombre, où monte une armée complette, lorfqu’il s’agitde'batailles générales, «Sc que les deux Consuls fe trouvent joints en-semble. II jetta sur les deux aîles fa cavalerie , qui étoit de quatremille chevaux, & s’avança vers l’ennemi fièrement, au petit pas, «Scen ordre de bataille.

■Quand on fut en présence, les armés à la légère de part «Sc d’autre■engagèrent faction. Autant que cette première charge fut désavanta-geuse aux Romains, autant elle fut favorable aux Carthaginois. Ducôté des premiers, c’étoient des soldats qui depuis le matin souffroient lefroid «Sc la faim, «Sc dont les traits avoient été lancés pour la plupartdans le combat contre les Numides; ce qui leur en resioit, étoient si

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