iz- HISTOIRE DE POLTBE,
appesantis par l’eati dont ils avoient été trempés, qu’ils ne pouvoienrêtre d’aucun usage. La cavalerie, toute l’armée étoit également hors-d’état d’agii. Rien de tout cela ne íè trouvoit du côté des Carthagi-nois. Frais, vigoureux, pleins d’ardeur, rien ne les empêchoit de fai-re leur devoir.
Aussi dès que les armés à la légére se furent retirés par les interval-les , & que Pinfanterie pesamment armée en fut venue aux mains’, alorsla cavalerie Carthaginoise, qui surpassoit de beaucoup la Romaine ennombre &en vigueur, tomba sur celle-ci avec tant de force & d’impé-tuofité, qu’en un moment elle Penfonça & la mit en fuite. Les flancsde Pinfanterie Romaine découverts, les armés à la légére des Cartha-ginois & les Numides reviennent à la tête de leurs gens, fondent furles flancs des Romains, y mettent le désordre, & empêchent qu’ils nese défendent contre ceux qui les attaquoient de front. De la part despesamment armés, dans les premiers rangs & ceux qui les fuivoient,,la résistance fut plus longue & le combat plus égal. Ce fut aussi le mo-ment où les Numides sortirent de leur embuscade, chargèrent en queueles légions,,qui combattaient au.centre, &.yjettérent une confusionextrême. Les deux ailes attaquées en front par les-éléphans, en flanc& tout autour par les armés à la légére, furent culbutées dans la riviè-re. La seconde ligne ne put tenir un moment contre les Numides, quiétaient venus fondre fur elle par ses derrières. II n’y eut que la pre-mière, qu’une heureuse nécessité força de se faire jour à travers lesGaulois & les Afriquains , dont elle fit un grand carnage. Mais aprèsla défaite de ses ailes, volant qu’elle nepouvoit plus ni les secourir, niretourner au camp, dont la cavalerie Numide, la rivière & la pluie neJui permettoient pas de reprendre le chemin, serrée &-gardant ses rangselle prit la route de Placentia, où elle se retira sans danger & an nom-bre au moins de dix mille hommes. La plupart des autres qui reftoientpérirent fur les bords de la rivière, écrasés par les éléphans ou par lacavalerie. Ceux qui purent échaper, tant fantassins que cavaliers, sejoignirent au gros dont nous venons de parler, & le suivirent, à Pla-centia. Les Carthaginois poursuivirent Fennemi juíqu’à la rivière,d’où, arrêtés par la rigueur de la saison, ils revinrent à leurs retranche-mens. La victoire fut complette, & la perte peu considérable. Quel-ques Espagnols seulement & quelques Afriquains restèrent fur le champde bataille, les Gaulois furent les plus maltraités; .mais tous souffrirentbeaucoup de la pluie & de la neige. Beaucoup d’hommes & de che-vaux périrent de froid, & de tous les éléphans on n’en put sauverqu’un seuL