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Tome quatrieme.
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t 3 ó HISTOIRE D E P O L Y B E,

sennc-mí, c'est là. le grand principe des hommes chargés des affaires de la guerre :qiúleur diroic.qu’íljy ena'un autre auquelils n’ont peut-être jamais.pensé,& sans lequeimême on ne.fg.urok bien & sûrement établir l’ér.t do la guerre, les ctonneroit sansdoute. ’Voièi 1 'pourtant Annibal qui leur deíiììe les yeux, & qui leur fournie des lu-nettes, pour le soiilagcmcnt .de leur vûë. . Agir fur ce principe, c’est le fait d’urthabile homme & d'u n grand Capitaine.

Les soldats &.les Qílìçiers qui composent une.armée j ne font rien par eux-mêmes:celui qui les commande, cri chef cji est lame.à les forces mouvantes, ils en reçoiventl’efprit comme les ordres : selon qu’il dirige bien ou mal les ressorts, farinée. fe meut àdroit ou a gauche, elle tend à fa conservation, h la gloire du Chef comme à sa honte.Tout homme qui suivra cette méthode, ce qui ne me semble pas fort difficile,trom-pera, Fadresse .des^pliis fins,..qui. vont, par. des principes moins déliés, il fçra bientôt Lemaître. Ce fut par une conduire si profonde & st couverte qu’Annibal fçut irriter latémérité & l’humegr violente & fougueuse de Sempronius, pour l’engager dans un com-bat désavantageux, auquel il njétoit que trop porté. Deux mots nous mettrons au faitde ce.stratagème ou de cette politique militaire. Je ne vois pas dans lllistoirequaucun Capitaine fé soit encore avisé de la .pratiquer.

Annibal ne songea .jamais h éprouver & à fonder les forces dc fennemi. II crutqu’il lui. fuffiiyit .de connoître le caractère & riiumeur.de son Antagoniste pour êtreassuré de la victoire; il songe à rembarquer dans quelque petit combat, à lui céderh dessein l’avantage, à feindre même de fe défier de ses forces pour augmenterfa constance & lYnvie d’en venir h une affaire décisive: bien assuré, en lui cédantpeu, de gagner le tout. Le rusé Capitaine ne se trompa pas dans ses conjectu-res, il met en jeu cette machine, qui lui réussit toujours, & pour cet effet il détacheune partie de fa cavalerie Numide & .quc-lque infanterie, qui passèrent la Trébie, &Rapprochèrent du camp des Romains, pour irriter le courage & I’efprit superbe deSempronius Celui-ci fait sortir fa cavalerie , repousiè les Carthaginois,, & les fuitjufqu’auprès de leur camp. Le combat s'y rengage. Le Consul qui voit cela, faitfiler de nouvelles troupes. Les Carthaginois soutiennent quelque teins l’essort desRomains. Annibal, qui cherche à amorcer lc Général Romain par un petit avanta-ge, lui cède celui-ci, & fait sonner la retraite. .11 craignît d’ailleuft que le combatne devînt sérieux. Car souvent ces fortes d’affajres par escarmouches, par irrup-tions & par retraites réciproques, deviennent considérables,: & lorfqu’on croîtn’engager que quelques troupes, on fe trouve tout d’un coup embarqué dansune affaire générale, où le hazard, plus que l’intelligence, décide ordinairement, &qui dégénèrent h un nombre d’autres tous différons, & où les plus habiles fe trouventsouvent plus embarrassés que les autres qui n'ont qu’un savoir expérimental & cer-tains principes de routine,& qui fe tirent mieux.de ces combats tumultueux qui exi-gent moins (Tart & de .méditation, que de ceux qui ont besoin d’une tactique plusprofonde.

Le Consul Romain, orgueilleux & rempli de ce vain avantage cédé finement, &dont il ne comprit jamais l’artifice, non plus que ceux qui vinrent après lui, quitombèrent dans le même piège, & ne s’y trouvèrent pas moins nouveaux; le ConsulRomain, dis-je, s’affermit plus que jamais dans le defièin imprudent de combattre;tant il est véritable qu’il n’y a point de ruse plus excellente que celle qui est tout-à-sak cachée, & ou les troupes qui agifient par de tels moiens ne voient pas plusclair que ccux qui s’y laifient prendre. Sempronius, après l'avantage de ce premiercombat, prit tant d’assûrance pour la victoire., .qu’il crut devoir fe hâter de com-battre, de peur que Scipion, venant ii guérir de fa blessure, la gloire de la dé-