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Tome quatrieme.
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LIVRE III. CHAP. XV.

ILI

§. V.

Utilité des pelotons cP infant crie entr classés parmi les escadrons. Ordre de bataille con-tre un ennemi supérieur en cavalerie.

r> X)Lusieurs lignes, dit Montécuculi, peuvent aller d’un point k un autre : mais„ JL il n’y en a qu’une qui soit droite, & la plus courte, toutes les autres sont„ courbes & longues. II y a diverses manières de faire la guerre : mais il y en a une.. qui est la plus lure & la meilleure, qui mérite une grande application, & qui est,, comme la pierre fondamentale de tout l’édifice. II ne faut pas ici compter, mais„ peser les opinions:parce que ce qu’il y a de meilleur est profond,& par conséquent„ caché aux yeux peu clairvoians”. N’aurions-nous pas trouvé cette ligne? II n’ya aucun lieu d’cn douter, & nous osons assurer qu’elle est découverte & démontréedans notre Système, après avoir été si longtems cachée. Nous nous mettons peu enpeine de compter les opinions, & de mettre en ligne de compte celles qui nous sontcontraires, de quelque part qu’elles viennent : elles ne font pas preuve. Nous nous entenons aux yeux clairvoians qui ont embraslë nos principes & notre méthode. Ils ncfont pas en petit nombre. Annibal en fait voir quelque chose dans fa disposition à l’é-gard de la cavalerie, qu’il entrelaííà de pelotons : principe que nous avons embrassédans notre tactique.

Ces pelotons ne font pas du goût de certaines gens. Ce qu’il y a de chagrinant poureux, c’est que l’I listoire ancienne & moderne est toute remplie de ces fortes d’exem-ples,&que tous les grands hommes qui s’c-n font servis pour suppléer à la foiblesièdeleur cavalerie, ou pour s’asi'ûrer la victoire, s’en font toujours bien trouvés. II nefaut pas demander aux esprits & aux courages communs fans expérience, fans capa-cité & paîtris de circonspection, qu’ils approuvent ce que Ic-s Anciens,qu’ils ne con-noiíìènt pas, & les plus grands Capitaines parmi les Modernes ont constamment pra-tiqué. Rien de plus foible & de moins supportable que les raisons qu’ils allèguent con-tre le principe des pelotons .inférés parmi les escadrons. Leur ignorance dans l’infan-terie & leur peu d’expórience, paroisiònt visiblement dans toutes les objections qu’ilsfont fur ce principe.

Ils ne peuvent concevoir qu’il fe puisse trouver des soldats assez résolus & détermi-nés pours’expofer à attaquer des-escadrons bien ordonnés, qui leur pasièront fur lecorps, fans qu’il leur soit possible d’éviter un si grand danger. D’ailleurs ces pelotonsdifent-ils, ne faurcient suivre les escadrons qu’ils soutiennent, comme s’ils marchoicntà l’ennemi à route bride ; au lieu qu’ils y vont au grand pas, ou tout au plus au petittrot,outre qu’ils ne prennent carrière ,ou ne doivent la prendre au’à quarante pas del’ennemi. Ces deux objections sont 11 mauvaises, que j’ai presque honte d'y répon-dre, outre qu’on ne dispute jamais fur des faits d’expérience. Ils n’out garde de lesrévoquer en doute ,• mais pour écarter la pierre d’achopement, qui consiste dans lesfaits & dans la raison, ils fe contentent de dire que ce principe est très-dangereux,&que ces pelotons ne siruroient résister contre la cavalerie. Puifqu'il faut tant de céré-monie à un corps d’infanterie pour fe défendre contre k cavalerie qui l’attaquera dansun terrain qui lui fera favorable, à plus sorte raison vingt ou vingt-cinq hommes nefauroient tenir contre.

Ils feroient bien étonnés si nous leur faisions voir que ces pelotons, qui frapent sifort leur imagination, font moins exposés aux dangers, à être défaits & taillés en pié-