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Tome quatrieme.
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1,-0 H I S T O I R E D E P O L Y B E;

qu ìl mérite. II connut seulement que son infanterie ne valoit guéres mieux que íàcavalerie, ou que le Général François valoit plus que lui. Ce n’eíl pas une honte,dit Polybe & Plutarque après lui, qu’un homme de bien soit battu par un plushomme de bien.

„ Dans toutes les guerres, dit un de nos Maîtres (a ), ce qui nous favorise nuit à„ Pennemi, & ce qui lui est utile nous eíl contraire. Sur ce principe, contimte-t-tl ,„ ne faites jamais rien qu’il puiílè souhaiter que vous lassiez, ne manquez à rien à„ quoi il puiílè souhaiter que vous manquiez; toujours attentifs à vos seuls intérêts,„ faites-en Punique régie de vos démarches. Vous vous nuisez h vous-même, dès-lít„ que vous imitez une démarche que Pennemi a faite pour son mieux être : comme„ aussi Pennemi ne sçauroit rien faire de ce que vous avez fait pour votre bien, qu’il„ ne se nuise à lui-même en le faisant”. Cette maxime est excellente, & mérited'être bien lûe & bien méditée. 11 faut vouloir tout le contraire de ce que Pennemi•veut. C’est Pavantage d’une arme sur Paucre, soit du côté de Pennemi ou du vôtre,qui doit régler vos deíîèins, vos démarches & vos mouvcmens.

Quand on ignorerait les véritables forces de Pennemi, son opiniâtreté à rester dansune plaine raie & découverte, & le désir qu’il fait paraître de combattre ; tout cela estune preuve manifeste qu’il met toute son espérance & sa principale ressource dans sa ca-valerie , Lt l’attention qu’il fait paraître dans son ordre de bataille à fortifier Pinfanteriepar fi cavalerie,ou celle-ci par l’autre, marque quelquefois qu’il se défie de l’une deces deux armes, ou qu’il veut suppléer h la foiblefPe de sa cavalerie ou de son infanteriepar le soutien de l’une des deux. il ne signifie pas moins qu’il veut s’assùl'èrlâ victoirecn se précautionnant par tout: car le plus íur dans une bataille, est que chaque armei'e soutienne & s’aide réciproquement, ce qui est la marque la plus évidente de Pha-bilc-té & de la prudence d’un Général d’armée. C’est ce que fit Annibal contre Sem-pronius: car bien qu’il fût plus sort en cavalerie,& qu’elle fût beaucoup plus brave& plus aguerrie que la Romaine, il ne laìssia pas que de la faire soutenir par son in-fanterie; au lieu que le Général Romain fit tout le contraire, tant il étoit malhabile.

Si celui qui est attaqué ne se sent pas capable de soutenir une guerre défensive,ouqu’il craigne de se voir réduit dans la nécessité de combattre, ou que l’importanced’un poste l’oblige à le soutenir, ou qu’il se voie réduit ou roulé de tant de côtéspar des mouvcmens au-dessins de fa portée, qu’il ne trouve aucun moien d’échaper:il doit avoir bien & exactement reconnu le terrain aux environs de son champ de ba-taille, pour ne pas imiter Sempronius, qui tomba secrètement dans une embuscade,comme tant d’autres aussi imprudens que lui.

S’il y a un ruifieau qui le sépare de Pennemi, il doit faire jetter des ponts, & engrand nombre. Les ponts doivent être aussi larges qu’il est possible de faire, pourpalier au moins par manches. On établit ces ponts secrètement &à Pentrée de la nuit,pour être en état de palier trais heures avant le jour. Si le ruifieau est de bonne tenue,la cavalerie paílèra à gué, & toute l’armée le traversera suivant l’ordre de bataille, &vis-à-vis du terrain que chaque arme doit occuper. Méthode importante, que peude Généraux observent, & qui peut souvent causer la perte d’une bataille.

Quand le ruifieau serait peu profond, & qu’il coulerait sur un terrain ferme, &quand même le mauvais teins & le froid ne feraient pas une raison qui pût nous em-pêcher de le gaier, il faudrait s’en dispenser, à cause des inconvéniens qui peuventarriver, & qui n’arrivent que trop souvent. Les soldats, ordinairement peu précau-tionnés, ne font guéres attention à leurs armes & à leur poudre, qui fe mouille,comme cela arriva à la bataille de Calîàno au passage du Ritorto.

(a) Vegst. iib. III. cip. 29.