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Tome quatrieme.
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174
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174. n -I ST O IRE DE P O L Y B E,

un moment: pourpeu qu’on s’ens’éeartâc,on couroit rifque'de se précipiter dans de?abimes d’eau & de bouë.

Le Prince d T Orange .ne fut pis longtems fans être informé dil dessein des ennemis, ilsonge à le taire échouer & aide aux obstacles de la nature par ceux de I’art. II faitavancer des petits badinais.&. des wûilbaux avec du canon aux endroits j où Peau étoitplus profonde,' il en fait échouer d autres avec des troupes dont il fe sert comme.deredoutes au milieu du marais; enfin il n’oublie rien de tout ce qui pouvoit faire avor-ter une entreprise' íi extraordinaire, & qui selon toutes les apparences ne promettoitpas un succès fort heureux. .Soit que les Espagnols méprifasîènt leurs ennemis-, ou- qu’iisugnorasserit.'qiielcsùebelsefc écoient avertis dû dessein de cette entreprise, ils at-tendent la nuit & que la mer baille,& fe jettent détermihément a Peau au nombre dècquatre mille - hommes commandes, par des- Officiers expérimentés & choisis fur toute•Tannée.' ' • •

A peine ontiîls fait la -moitié du chemin y qu"il s-fe voient attaqués & harcels é's parles barques au milieu des eaux, où ils font jusqu’à la ceinture , & battus de tous côtés'par les-vaisteauxéchouésfur la marche. Laííócessité &le péril' aninîoient'leur courage,•que les obliaclesfaugmentôiem bien loin de-le diminuer. Quand les ennemis auroient été-en-plus grand nombre, il n’étoit pas en leur pouvoir de quitter partie & de faire retrai-te, Passaìre étoit trop-engagée. 11 fal.loit s’ouvrir un passage au milieu des ennemis, &il n’y avoir nul tems à perdre, de peur d'être surpris des eaux lorsque la mer monte;& il falloit beaucoup moins de tems pour faire le coup que pour retourner fur ses pas.On pouvoit-dire que le succès & leur lìiltit n’étoient pas moins au bout de leurs armes■que dans la légèreté de leurs pieds. Leur retraite étoit impossible, comme je Pal dit.& inséparable de la morr. Aller en avant étoit leur feule ressource, eomme c’étoit celled’Annibal. On n’euc que faire de les exhorter à se hâter, un grand nombre périrentpar les eaux, ou furent a sommés par ceux qui étoient dans les bàdmens légers, qui- lesaccrochoient par le nioien des grapins attachés à de longues perches. Après avoirperdu une infinité de gens, ces troupes intrépides abordent Piste de Duveland, atta-quent ceux qui désendosent les digues, les forcent & s’en rendent les maîtres.

Ces habiles Chefs ne s’arrétérent pas là, malgré la perte de tanr de braves gens.Ils attendent la basse mer, traversent le second marais, & marchent droit 'a Piste deScounen, abordent les digues malgré la défense opiniâtre des ennemis, les attaquent& les forcent, & s’y établiílènt de telle sotte, qu’il n y eut plus moien dé les enchastèr.

Les exemples font un peu rares dans PHistoire fur ces sortes ^entreprises, Peut-•être le son t-ils moins que je me Pimagine: ma mémoire pourroit me tromper, & jen’ai pas tout lû, il s’en faut bien. Je n’ai pourtant pas oublié un fait de marais danslTIistoire de Louis XIII. (a).

„ En 162a. M. de Soubize fut défait par Parmée de Louis XIII. ce Prince la com-„ mandoit. Le Comte de la Rocheíoucauk s’étoit avantageusement-posté-pour enï-„ pêcher la retraite de Soubize, retranché dans les Ifles du bas-Poirou. C’eft un cn-„ droit de deux ou trois lieuës de païs marécageux au bord de la mer, où vous n’a-■„ bordez que par les digues & les chaussées que les habitans ont eu foin d’ëlever,

pour avoir du commerce & de la communication avec ceux qui font plus haut„ dans la terre ferme.

„ Quand Parmée du Roi fe fut avancée dans les Istes, les Ossciers fe trouvèrent„ dans un grand embarras. On ne pouvoit aller à Pennemi qu’en paílànt un gué fort

q«) FaJJ, Hist. de Louis XllL liv, XVIII. pag. 400.