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Tome quatrieme.
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l r. v "r- e : iri.. c II a p. :xvi.

dangereux. La marée ne s’en retiroit qu’ù minuit* & il- failoit prendre ce tems-là.;C'étoit exposer la personne du Roi & l’Etat à de terribles inconveniens. Quellesembuscades ne devoit-on pas craindre durant la nuit, en un endroit dont Soubizeconnoissoit tous les avantages? Et quand Tannée auroic passé Je gué, des soldatsmouillés & fatigués éroient-ils err état cte soutenir lë choc des ennemis, qui pou-voient fondre fur eux V En allant chercher Un champ de bataille , enfermé de la mer& de marais profonds, Tannée du Roi s’expoloit au danger de n’avoirplus dautreretraite, que le chemin quelle pouvoit s’ouvrir au travers des escadrons & des ba-taillons des Réformés. Ces considérations effraiérent les plus déterminés. Rendonsjustice à ce Prince,il avoit de la bravoure & de Tintrépidité. Tout le monde en

convient.Dans Toccasion où ce jeune Prince de vingt ans paroìt un Héros,.

Sòúbize se déconcerte mal à propos : if perd fa'réputation, îa peur fë saisit dés qu'iíapprit que le Roi paíîoit le gué, & que Sa Majesté s’avançoit en ordre de bataille.Avec une armée de huit mille hommes de pied & de huit cens chevaux, peu in-férieure à celle de Louis ; retranché dans un endroit dont il connoit les grands avan-tages, & où son artillerie étoit avantageusement postée, ce Général ne songe plusqu’à fa retraite pendant la nuit. . Une partit? de son infanterie tâche de se sauverdans les marais: l'autre entre avec précipitation dans les barques venues de la Ro-chelle, & pense a se retirer par mer. Enfin Sòiibize s’enfuiráu plus vîtë avec fit'cavalerie. Les basses marées & le défaut du vent n’aiant pas permis aux barques de-gagner la' mer, Tínsimterie demeure h la discrétion de celle du Roi, qui en fit ungrand carnage. On le saisit des barques, & ceux qui s’écoient enfuis dans les ma-rais furent presque tous tués & noiés. Des huit mille hommes de pied, il n’enrevint pas quatre cens, & Soubize eut bien de la peine à gagner la Rochelle avecquarante ou cinquante cavaliers.

CHAPITRE XVII.

Cavalière de Flaminius. Réflexions' de Poìybt fur T étude qiCAnnìbalen fit. Bataille de Tbrajjméne.

\ Près être sorti de ce marais comme par miracle, le Général Car--J-jL thaginois campa auprès pour donner quelque relâche à ses trou-pes , & par ce que Flaminius avoit établi ses quartiers devant Aretiunvdans la Tyrrhéme; Là il s’insorma curieusement de la disposition oùétoient les Romains, & de la nature du pa'ïs qu’il avoit à traverser pouraller à eux. On lui dit que le pars étoit bon, & qu’il y avoit dequoi faire un riche butin; & à j’égard de Flaminius, que c’étoit un.homme à grands talens pour s’iníìnuer dans l’esprit de la populace,-mais qui,fans en avoir aucun ni pour le gouvernement ni pour la guer-re» se-croioit t-rès-habile dans l-’un,-& dans l’autre. De-là ÂnnibaLcon-clut que s’il pouvoit passer au-dela du camp de ce Consul,'& faire le.;dégât dans ia campagne fous fëâ-yeux, celui-ci, soit de peur d’encoun