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Tome quatrieme.
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LIVRE III. CITA P; XVIL 1 S 1

avoit k faire, & lorsqu’on s’y attendoit le moins, on recevoit îe coupde la mort. Dans cette confusion, Fiaminius abattu, désespéré, futenvironné par quelques Gaulois qui le firent expirer fous leurs coups.Prés de quinze mille Romains laissèrent la vie dans ce vallon, pourn’avoir pu ni agir ni fe retirer. Car c’eft chez eux une loi inviolable dc >ne fuir jamais, & de ne jamais quitter son rang. 11 n’y en eut pas deplus à plaindre que ceux qui lurent surpris dans le défilé. Poussés dansle lac, les uns voulant se íàuver à la nage avec kurs armes furent suffo-qués; les autres en plus grand nombre avancèrent dans Peau tant qu’ilspurent, & s’y enfoncèrent jufqu’au cou; mais quand la cavalerie y futentrée, voiant leur perte inévitable, ils le voient les mains au-dessus dn'lac, demandoient qu’on leur sauvât la vie, & faisoient pour Pobtenirles prières les plus humbles & les plus touchantes.- Mais en vain. Lesuns furent égorgés par les ennemis,& les autres s'exhortant mutuelle-ment k ne pas survivre k une ír honteuse défaite, se donnoient la mortk eux-mêmes. De toute farinée il n’y eut qtfenviron íix mille hommesqui renversèrent le corps-qui les combat toit de Front. Cette troupe c-ûtété capable d’aider beaucoup k rétablir les affaires, mais elle ne pouvoitconnoître en quel état elles étoient. Iìlle poussa toujours en avant,dans Pespérance de rencontrer quelque partie, des Carthaginois, jusqu’àce qu’enfin, íkns s’c-n appercevoir, elle se trouva fur les hauteurs. Delk, comme le brouillard étoit tombé, voiant leur armée taillée en piè-ces & Pennemi maître de la campagne, elle prit le parti, qui seul luireftoit k prendre, de se retirer serrée & en bon ordre k certaine bour-gade de la Tyrrhénie. Maharbal eut ordre de les poursuivre, & daprendre avec lui ses Espagnols 6c les gens de trait. 11 se mit k leurstrousses, les assiégea 6c les réduisit k une si grande extrémité, qu’ils mi-rent bas les armes & se rendirent, fans autre condition, sinon qu’ilsauroient la vie fauve. (-?) Ainsi finit le combat qui fe donna dans laTyrrhénie entre les Romains 6c les Carthaginois.

(n) Ainsi finit le combat qui st donna dans la ■Tyrrhénie. entre les Romains & les Carthaginois .]Machiavel n’est pns si bien fourni d evénemensmémorables dans Con H:stoire de Florence, quetest Polybe dans !a sienne. Les batailles é. lescombats que le Florentin rapporte, font quelquechose de si burlesque, que je ne gai comment ilpeut conserver son sérieux & sa gravité, lorsqu’iltraite ces foi tes de sujets, il s’en tire du mieuxqu’il peut, non pas fans lâcher de tems en teinsquelques réflexions fur la lâcheté & l’ignorancedes Généraux de ce tems-là. 11 entre dans undérail aste-t fuccint d’une bataille qui fut donnéeentre >'armée du Pape, commandée par Saint-Se-verin, & celle des Florentins; ceux-ci attaquè-rent celle de TEglife Romaine qui s’étoit campéedans le détroit de Thratyméoe, apparemment fur

Ie chemin & fur le bord du lac'où Fiaminius avoitété défait. Si on me demandoit Tannée, je fe-rois fort embarrassé, tant T Auteur Italien estexact: je crois qu’elle fe donna en 1467.

Les Florentins avoientdemandé auxVénitiens'un Général expérimenté, & capable de comman-der une nombreuse armée, qu’ils avoient levéepour résister contre celle du Pape. On peut bienjuger qu’il falloit un Chef d’une expérience con-sommée & d’une grande valeur, pour tenir têtecontre des troupes si redoutables. Les Vénitienslui envolèrent le Comte Charles, mais le Comtemourut au milieu des plus grandes efpéranc n deviSoìre, dit l’Auteur («)._/« mort eût pourtant ac-commodé les affaires des Florentins, si Ton eúcfçû

(a) Mach. Ilift. de Flor. L, VIII.