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Tome quatrieme.
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HISTOIRE DE P O L Y B E*

OBSERVATIONS

Sur les passions désordonnées qui' nuisent le plus aux Officiers £ 3 ? auxGénéraux d'armées, ou à ceux qui par leur naissance, font des hié S-au suprême commandement des armées ..

§. V

Que l\yvrognerîè efì un grand défaut dans an homme de guerre ; mais quelle est plussupportable , moins honteuse.'& moins, dangereuse à T Etat que les- autres passonsqui amolifjent le courage.. Que celle des femmes étouffe toutes les vertus militaires ,fans qu il en.refe aucune; qu on s'en guérit difficilement.. Exemples qui prouvent,cette vérité ..

Î Es réflexions de Polybe, à I’égard de certaines paillons & de certains vices bas &honteux, & tout-à-fait indignes d’un homme de guerre, & plus encore d’un Gé-néral d’armée ; ces réflexions,, dis-je, font d’un Historien judicieux & guerrier. Cesujet m’â paru mile à fort important, car je ne dois pas plus me proposer dans cetouvrage de former les gens au métier de la guerre, que de les éloigner de certainsvices qui ne font que trop communs dans les armées, & de leur faire aimer la vertu.

S’il fe trouve des Généraux d’armées tels que notre Auteur nous les .représente, j’ytrouve bien moins à reprendre qu’au Prince ou à la République qui fait un tei choix.fcJn Prince guerrier, qui n’a point d'autre Général que lui-même, fe trompera rare-ment dans son choix; mais un Prince qui ne fait là guerre que par fes Lieutenans, quis’endort mollement fur son Thrône, choisira très-mal, & lès Ministres ne feront pas unmeilleur choix : dans les Cours de tels Princes on a coutume de faire plus de cas desparoles que des actions; outre qu’un habile Courtisan qui veut aller loin dans la fortune,couvre son incapacité par un extérieur grave & imposant,. & son silence, qui vient dudéfaut d’efprit & de lumières, fait que ceux qui ne veulent pas approfondir, ou quin’en ont guéres plus qu’eux, 1e laissent quelquefois surprendre par cela seul qu’iis nedisent-mot; ou, s’ils ent quelque esprit, par leurs fanfaronnades, leurs menteries, &par des services & des actions imaginaires, donc ils font toujours pourvus. Le vraimérite de la guerre étant toujours modeste, il ne faut pas être surpris fi celui-ci n’a-vance. pas, & si le contraire triomphe & s’élcve. Je conclus de là qu’un Prince quin'est jamais à la tête de fes armées, peut être aisément trompé dans 1c- choix des su-jets: mais il est impossible qu’ll puifle l’être à i’égard des défauts & des vices doncmon Auteur parle, & qu’on ne peut cacher.. Ils font tous grands, je l’avouë; maisils ne le font pas tous également.

Les yvrogues font infiniment plus supportables & plus capables de servir oud’ctre àla. tête des armées, que les amoureux transis, car"ceux-ci font très-riJicules & dignesd’un très-grand mépris.. Le« Latins, dit la Motte-le-Vaier,. ont mis si peu de diffé-rence entre. 1 amour &. là folie, que d 'amans à amens il n’y a qu’une lettre à dire. Ceque dir men Auteur de cette passion à i’égard des Généraux qui s’y abandonnent, esttrîs-vxai:. elle.a cause non seulement, djc-il, des maux infinis & les plus déplorables,.

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