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Tome quatrieme.
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-y- HISTOIRE DE P O L Y B E,

il foudroie le croire. II étoit contemporain, il avoir consulté mille gens qui avoientservi dans Farinée de Fabius: il étoit d’ailleurs homme de guerre. Nous pouvons noustn rapporter à lui plutôt qu a Plutarque, qu; n’a écrit que plusieurs siécles après. Levoilà donc avec son combat entre la foule des I listoriens qui le démentent. Nous ymettrons aussi F Auteur de la nouvelle Histoire Romaine,qui s’est chargé dudébit decette action, qu’il n’a pas manqué d’orner & de parer de tous les atours de son élo-quence, & de romaniserun peu plus le fait que n’a fait Plutarque. On lui pasiè toutcela,comme le passage des élephans fur le Rhône,qui traversèrent ce fleuve fur deuxbacs attachés au bout d’un traîneau : machine admirable, & de l’invention de l’Auteur.C’est le moins que nous puissions faire que de rcconnoître par un peu d’induîgence ledivertissement qu’il nous donne. Revenons à notre sujet.

Les Modernes ont eu leurs Minucius comme les Anciens ; & quelque malhabile qusiifût,il avoit son mérite comme tous les autres qui lui ressemblent. J’ai rencontré unGérunium & un Minucius dans l’Histoire de Louis- XIII. dans la personne du Maré-chal de Brezé,qui se battoir & attaquoit volontiers fans entendre beaucoup dans Fart dela guerre. II le sit voir en plusieurs actions. Nous prendrons celle qui a le plus de rap-port à notre sujet, & c’est la journée d’Aveinen 1635. qui lui feroitfcrt glorieuse, íìlp Maréchal de Châtillon son Collègue ne l’cût sauvé d’un engagement qui n’eutpas manqué de lui être funeste. Celui-ci arriva fort à propos pour le tirer d’en>barras. Les deux Maréchaux avoient partagé leur armée en deux corps pour traver-ser lc païs de Liège, & joindre celle du Prince d’Orange. Le Cardinal Infant crutvenir à bout d’empêcher cette jonction,. il envoia le Prince Thomas de Savoie à latête de dix à douze mille hommes & de trois ou quatre mille chevaux; & bien qu’ilsçût cette armée fort inférieure à celle de France, il ne s'en mit pas autrement enpeine. Le Prince Thomas valoitbien les deux Maréchaux. II lui fuíïïfoit,pour espé-rer du succès de son dessein, que le commandement fût partagé entre ces deux Géné-raux: avantage qu’Annibal considéra toujours comme très-grand pour l’humiliation deRome, & dont il n’eut pas lieu de fe plaindre. Ce Cardinal comptóit que la jalou-sie, que Châtillon & Brézé concûrent l’un contre Fautrc, le dédommageroit de lafoibiefib de fes troupes; il n’étoitque trop bien instruit de leur mésintelligence- C’c-toit la grande ressource du Cardinal Infant, & la fut presque toujours.

Cette méthode de couper en deux le commandement d’une armée,fut toujours re-ligieusement observée par le Cardinal de Richelieu & par lc Cardinal Mazarin. 11 nefout pas eu être étonné, la guerre n’étoit pas leur métier, & les exemples de la secondeguerre Punique & la cause des infortunes des Romains ne leur avoient pas passé fous lesyeux, quoiqu’ils sçûíïènt parfaitement leur Machiavel, qui fe moque d’une conduite lipeu sensée. Puyíègur ne dit pas dans fes Mémoires qu’il la désapprouvé; mais il nousfait parfaitement connoître la jalousie & la mésintelligence des deux Généraux. Com-me ils marchoient en deux corps séparés, & que Brézé faifoit la tête de tout, ce Ma-réchal arriva plutôt à son quartier, qu’il prit h un village voisin que Puyfegur ne nommepas, & qui menoit à Liège- On en laissa un autre nommé Autin,à un quart de lieuedu premier, & que Châtillon devoit occuper, dans la créance qu’il y arriveroit la nuit,& qu’il en feroit son quartier. On y laissa feulement une garde de cavalerie, commesi cela fuffifoit pour empêcher le Prince Thomas de s’y loger, si la fantaisie lui en pre-noit. Elle lui prit,il s’y posta,& par ce campement il coupa la communication ducorps que M. de Brézé commandoit d’avec celui de M. de Châtillon. Le premier, na-turellement hautain & fier de la saveur du Ministre, dont il étoit beausrérc, crut pou-voir prendre fur lui d’attaquer de son chef & avec fes feules troupes l'armée Espagnole,ae s’imagnantpasjvû la grande opinion de son mérite & lc bruit de son nom,qu’il eut