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L’Egyptë tomba comme tous les autres Empires qui négligent la disíl- ■pline militaire, & qui rf ont aucun ménagement ni aucun foin des trou-pes. Sethon en est une bonne preuve. II négligea la milice & l’eut enfi grand mépris, croiant la paix éternelle, qifil lui ôta tous ses privi-lèges., & alla jufqu’au point, dit le même Auteur, de les dépouiller md.des fonds de terre que les Rois fis prédéce/Jèurs lui av oient a (signés. ISI -Que pouvoit-il arriver d’une li misérable politique? La guerre íe fit-elle à peine sentir, que les Officiers & les soldats accablés de tant d’in-jures & de mépris, ne voulurent point marcher. Cet indigne Prin-ce, qui se vit déserté de tout ce qu’il avoit de troupes, leva promte-ment une armée composée de tout ce qu’il y avoit de canaille dansses Etats,, ne croiant pas qifil fallût autre choie pour avoir des soldatsque de les armer. II marcha au Roi des Arabes, & se fit battre dela maniéré du monde la plus complette. L’Ecriture nous l’apprend »comme M.. Rollin le remarque. Mais Hérodote ne dit pas cela, 11prétend, fur le témoignage fans doute des Prêtres Egyptiens, queles Dieux se mêlèrent de cette affaire. II falloit un prodige pour fai-re vaincre une telle armée, & un Roi dévot. Une multitude de ratsfut chargée de cette besogne; ils rongèrent toutes les cordes des arcs& les courroies des boucliers de farinée ennemie, & cela dans unenuit : de forte qifelle íê vit deíkrmée & contrainte dè prertdrô lafuite. Fable inpertinente, plus digne d’ètre racontée dans un cer-cle de vieilles & de nourrices , que d’être consacrée à la postéritépar un Historien aussi sensé que ce Grec célébré.
Ceux qui ont de la disposition pour la guerre, dont le nombre n’estpas grand, quelque peine qu’fis íè donnent, quelque effort qifil tassentpour s’y rendre habiles , s’ils n’ont aucun principe ni méthode pourf étudier, & s’ils espèrent d’aquérir cette science par fusage, ils n’enviendront jamais à bout: car les parties de la guerre fe presentent surtant de cas divers & de faces différentes, & si dissemblables par la na-ture des lieux, qu’il est impossible que fexpérience puisse jamais nousservir de leçon, si nous ne joignons à cette expérience une étude per-pétuelle & trés-méditée de fliistoire ancienne & moderne, & plusieursautres connoissances aussi nécessaires. 11 faut qu’elle soit encore accom-pagnée d’observations & de recherches, & je ne dis rien ici que monAuteur n’ait dit avant moi; ce qui nous conduira comme par la main àla découverte des principes, fans lesquels il n’est pas possible de rienétablir d’assûré dans la science que je prêche si fort.
D’ailleurs on ne peut douter que les hommes ne soient nés avec tou-tes les qualités, le naturel & les caractères propres à déterrer peu à peules arts & les sciences, pour peu d’application qu’on donne à cellespour lesquelles on a du penchant ; étant certain qu’ils ne font pas nés-avec ces arts & ces sciences. Chacun fait qu’elles ne leur font pas na--
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