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Tome sixieme.
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r R E F A C E.

Je vais faire voir qu’il fe contredit manifestement, en accordant àmà colonne attaquée les mêmes avantages qu’au bataillon Espagnol,quoiqu’il s’en faille de beaucoup que celui-ci en ait tant. A la véri-tés dit-il, dé infanterie ci cavalerie, il s'étoit trouvé supérieur en ar-mes: d'infanterie à infanterie , il eut pu J'e trouver égal-, mais â'in-fanterie à cavalerie £5? infanterie jointes eiìj'emble , il jugeoit bienqu il ne pouvoit que Je trouver inférieur. Voici la contradiction toutevisible, li je ne me trompe dans mon jugement. 11 déclare dans cequ’il répond à une demande , qu’il suppose qu’on lui fait, que lin-fanterie toute seule ne feroit que blanchir, que reboucher contre uncorps aufìi bien ordonné que ma colonne, & contre des armes tropredoutables pour oser jamais les aborder, & finit ainsi après en avoirfait voir tous les avantages, ce bataillon ejl donc invincible ? On luiavoue qu’on l’entend au pied de la lettre. La cavalerie, dit-il plusbas, ne fauroit l’attaquer non plus toute feule, & prouve très - bienque celle-ci comme l’autre réfléchira contre ce bataillon, & que tou-, tes ces attaques iront à rien , quelque effort qu’on fasse. On nelui conteste pas : on va voir dans un moment qu’il fera forcé deconvenir qu’en effet elle est invincible. Mais si la cavalerie & l’in-fanterie font, dit-il, jointes ensemble, qu’elles attaquent de concert,l’union de ces deux armes fera ce qu’une feule ne peut faire. Qui necroirait que cet expédient est des plus efficaces pour détruire, pénétrer& anéantir ce corps? Je veux qu’on bataillon fe replie & attaqueune partie de ma colonne, & que la cavalerie en fasse autant de soncôté, la voilà enveloppée de toutes parts, le mal n’eft pas grand: n’est-il pas vrai que partout où l’infanterie attaque, elle trouve la même ré-sistance, les mêmes difficultés, & mêmes obstacles, les mêmes armes& la même profondeur dans les files ; enfin tous les mêmes avantagesque le Censeur m’accorde? N’attaque-t- elle pas feule de son côté; Lacavalerie trouve les mêmes difficultés & les mêmes dangers du sien, &cencore plus grands & plus insormontables. Est-ce que ma colonnefe trouve dénuée de quelqu’un de ces avantages pour être attaquée dela sorte ? Je ne le vois pas : il nous fait bien comprendre, & en hom-me qui entend aussi bien la cavalerie que l’infanterie, les désavantagésde toutes les deux contre mes colonnes, & les prouve admirablementbien. 11 trouvera bon que je lui rétorqué ses preuves, & que je m’enserve contre lui - même ; ainsi ma colonne ne perd aucun de ses avan-tages en se défendant contre lime & l’autre de ces deux armes. Jeconclus de là que toutes les deux agissant de concert n’avanceront pasdavantage.

II me vient dans la pensée quelque chose de plus fort encore que ceque je viens de dire. La supériorité du nombre n’y fait rien, si elleest obligée de s’arrêter & de soutenir l’effort des deux armes, ou d’uneTome VI. f feu-