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Tome sixieme.
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LIVRE VIII. C II A P. IV.

lui rendirent après fa mort les honneurs qu’ils lui dévoient. Car onlui décerna des sacrifices «Sc les honneurs que méritent les Héros, on fiten un mot tout ce qu’il falloit pour consacrer fa mémoire à l’immçrta-lité. De forte que s’il reste quelque sentiment aux morts, il n’y a paslieu de douter qu’Aratus n’ait vu avec complaisance la maniéré dontles Achéens reconnoìffoient les foins <Sc les travaux qu’il avoit essuiespour eux.

CHAPITRE V.

Frise de Lisse £ 5 ? de sa citadelle par Philippe.

I L y avoit longtems que Philippe avoit des vues fur Lisse & fur fa cita-delle , & qu’il penfoit tout de bon k s’en rendre le maître. II par-tit enfin à la tête d’une armée, & après avoir marché deux jours & tra-versé les défilés, il campa le long de l’Ardaxane assez proche de laville. Mais comme l’art & la nature avoient concouru à fortifier l’en-ceinte de cette ville, tant du côté de la mer que du côté de la terre, &que la citadelle, qui n’étoit pas loin de la ville, paroissoit être d’unehauteur «Sc d’une force à ne craindre aucun assaut, il perdit toute espé-rance d’emporter celle-ci, & fe retrancha à n’attaquer que la ville. En-tre Lisse & le pied de la montagne où est la citadelle, est un espace toutà fait propre pour faire une attaque. Là Philippe aiant fait efcarmou-cher, s’avifa fort à propos de ce stratagème. II donna aux Macédo-niens un jour entier pour fe repoíèr, «Sc après les avoir animés à bienfaire, il cacha avant le jour la plus grande «Sc la meilleure partie de sesarmés k la légère dans des vallons pleins de bois qui étoient du côtédes terres au dessus de l’efpace dont nous avons parlé ; «Sc le jour sui-vant il mena fes pesamment armés avec le reste de son armure légèrede l’autre côté de la ville en côtoiant la mer. Puis aiant fait le tourde la ville, & étant revenu k l’endroit où il avoit efcarmouché, on nedouta point qu’il ne fît attaquer la ville par là.

Sur l’avis qu’on avoit eu de l’arrivée de Philippe, il s’étoit assembléde toute l’Illyrie un grand nombre d’hommes dans Lisse. Dans la ci-tadelle, que l’on croioit assez forte d’elle-même, on n’y avoit mis qu’u-ne garnison médiocre. Dès que les Macédoniens approchèrent, lesassiégés, comptant fur leur nombre «Sc fur leurs fortifications,sortirenten foule de la ville. Le Roi avoit posté fes pesamment armés dansdes lieux plats «Sc unis, & avoit donné ordre k l’armure légère d’avan-cer vers les hauteurs & de venir courageusement aux mains avec les en-nemis. Le combat fut quelque tems douteux. Mais ensuite les trou-