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Tome sixieme.
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5 o HISTOIRE DE POLYBE,

maniéré qu’Archiméde pouvoit empêclier. T 'unique ressource que lesRomains crurent qu’il leur restoit, Fut de réduire par la faim le peuplenombreux qui étoit dans la ville. Pour cela avecl'armée navale on ar-rêta tous les vivres qui pou voient leur venir par mer, & l’autre arméecoupa tout ce qui leur venoit par terre. Et pour ne point perdre en-tièrement le tems qu’ils dévoient rester devant Syracuse, mais l’emploier ailleurs k quelque chose d’avantageux, les Consuls partagèrentleurs armées. Appius avec les deux tiers demeura au siège,& Marcel-lus avec l’autre tiers alla faire le dégât dans les terres de ceux des Car-thaginois , qui tenoient le parti des Siciliens.

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CHAPITRE IV.

Philippe sait empoisonner Aratus. La modération de celui-ci , ct?les honneurs qiCon lui fit après Ja mort.

Q Uoique les Messéniens sc fussent déclarés ennemis de Philippe, cePrince n’en put tirer une vengeance qui soit digne d’être rappor-tée, bien qu’il fe soit mis en devoir de ravager leurs terres. Mais on-ne peut rien voir de plus infâme que la maniéré avec laquelle il a traitéceux qui lui étoient le plus étroitement attachés. II fit empoisonnerAratus, parce que ce vieillard respectable n’avoit point approuvé cequ’il avoit frit dans Messéne, se servant pour cette indigne action duministère de Taurion, qui fous ses ordres gouvernoit le Péloponèse.Cette infamie n’éclata point d’abord. Car le poison n’étoit pas de lanature de ceux qui tuent fur le champ, mais de ceux qui conduisentlentement à la mort. On fçut la chose de cette maniéré. Aratus quine l’avoit découverte à personne , ne put la cacher à un domestique fi-dèle & affectionné qui l’avoit secouru avec beaucoup de soin & de zélépendant sa maladie. Un jour que Céphalon (c’étoit le nom de ce do-mestique,) avoit apperçu contre la muraille un crachat mêlé de sang,& l’avoit fait remarquer à son maître; telle est, dit Aratus, la récom-pense de l’amitié que j’ai euë pour Philippe. Voilà le grand, l’admi-rable effet de la modération, d’avoir plus de honte d’une action cri-minelle faite contre foi-même, que celui-même qui en est auteur. Etc’est ce que fit alors Aratus, qui après avoir partagé avec Philippe lespérils & la gloire de tant de grands exploits, en fut fi mal récom-pensé. Ainïì mourut Aratus , que les Achéens par reconnoissancepour les bienfaits infinis qu’ils en avoient reçus, avoient mis k leurEté a & à qui ils avoient confié le timon de leur République. 11s