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Tome sixieme.
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6j. HISTOIRE DE POLYBE,

ainsi la citadelle. II avoit déja fait tous ces préparatifs pour le siège ìlorsqu’un secours venu de Métapontpar mer dans la citadelle,enfla detelle forte le courage des Romains, que faisant pendant la nuit une sor-tie ils ruinèrent tous les travaux, & renversèrent toutes les machines.Après cet échec, Annibal perdit toute espérance de prendre d’assaut cet-te forteresse; mais comme il ne restoit plus rien à faire à la muraille,aiant assemblé les Tarentins, il leur dit que dans les circonstances pré-sentes ce qu’ils avoient de plus important à faire, étoit de se rendremaîtres de la mer : que Ventrée du port étant dominée par la citadelle,ils ne pou voient ni emploier de vaisseaux ni sortir du port; au lieu queles Romains recevoient par mer toutes leurs munitions, que tant queles ennemis auroient cette facilité, il n’étoit pas possible d’assurer la li-berté de la ville. 11 montra ensuite aux Tarentins comment les Romainsprivés des secours qui leur venoient par mer seroient bientôt obligés derendre les armes & d’abandonner la citadelle. Les Tarentins tombèrentassez d’accord que ce qu’il diíoit étoit juste, mais ils ne concevoient pascomment la chose pouvoit s’exécuter, à moins qu’il ne parût une ilotede la part des Carthaginois. Ce qui étant alors impossible, ils ne pou-voient déviner ce que vouloit dire Annibal. Mais quand ce Général leureut dit qu’ils n’avoient pas besoin des Carthaginois pour tenir la mer,ils furent bien plus surpris encore, & purent beaucoup moins entrerdans fa pensée.

Ce Général avoit remarqué que la place qui étoit entre la muraillequ’on venoit de bâtir & la citadelle, & le long de laquelle on pouvoitaller du port à la mer extérieure, étoit très-commode pour transporterdes vaisseaux du port au côté méridional de la ville. A peine eut-il saitcette ouverture aux Tarentins, que non seulement ils applaudirent àíòn dessein, mais encore qu’admirant ce grand homme ils reconnurentque rien n’étoit au-dessus de fa pénétration & de son courage. C’estpourquoi aiant fait faire des chariots, le projet fut presque aussi-tôt misen exécution qu’enfanté, tant on trouva d’ardeur dans le grand nombredes citoiens qui voulurent avoir part à cet ouvrage. Les Tarentins aiantdonc traîné des vaisseaux dans la mer extérieure, & aiant par ce moiencoupé aux Romains tout secours étranger, poussèrent fans danger lesiège de la citadelle; & Annibal, après avoir laissé à Tarente assez detroupes pour la garder, se mit en marche avec son armée, arriva letroisième jour à son premier camp, & passa là tranquillement le restede l’hjver.

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