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Tome sixieme.
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L I V R E IX. CHAP. VIL 8z

sien a renfermé tous vos droits en ce peu de paroles: Si, dit-il, de-puis que mus avez fait alliance avec les Etolicns, ils vous ont faitquelque tort ou quelque peine, ou fi vous avez reçu quelque bienfaitde la part des Macédoniens, il efi juste que vous mettiez Taffaire endélibération comme fi rien ne s'ètoit pajjé. Mais que s'il n est rienarrivé de semblable, Çf que malgré cela en alléguant d’Antìgonus desfaits que vous avez d 1 abord approuvés, nous nous flattions de vousfaire rompre des fermens & aes Traités , nous sommes les plus insen-sés des hommes. Oui, rien de ce qu’a dit Chléneas n’est arrivé, &que les affaires des Grecs soient encore au même état qu’elles étoientlorsque vous sites alliance avec les Etoliens, j’avouë qu’il n’y a person-ne plus insensé que moi, & qu’il ne faut avoir nul égard à ce que jedois dire. Mais si ces affaires ont tourné tout autrement, comme j'es-père le démontrer dans la fuite de ce discours, je me persuade que jepasserai dans vos esprits pour lavoir autant vos intérêts que Chléneassemble les ignorer. Tel est le but de mon Ambassade, telles font mesinstructions, de vous faire toucher au doigt, que dans les circonstan-ces, où se trouve aujourd'hui la Gréce, il est de la bienséance & de vo-tre intérêt de prendre, s’il-est possible, un parti qui vous convienne,en partageant avec nous les mêmes espérances, ou, si cela ne se peutfaire, en gardant au moins pour le présent une parfaite neutralité. Maisparce qu’on a osé vous prévenir contre la Maison de Macédoine, jecrois devoir dire d’abord deux mots pour désabuser ceux qui ont ajoutéfoi aux accusations portées contre elle. Chléneas assure que Philippefils d’Amyntas, parla prise d’Olynthe, s’est soumis toute la Thessalie:& moi je soutiens que non seulement les Thessaliens, mais encore tousles autres Grecs, font redevables à Philippe de leur salut. Car lorsqu’O-nomarque & Philoméle, après la prise de Delphes, se furent criminelle-ment enrichis des dépouilles de ce Temple fameux, qui ne fait queleur puissance étoit montée à un point, qu’aucun des Grecs n’osoit lesregarder en face? Non contens des sacrilèges commis contre la divini-té, ils étoient prêts d’envahir toute la Gréce. Alors Philippe affrontantde lui-même le danger, défit les Tyrans, mit en fureté le Temple, &fut cause que les Grecs jouirent de la liberté. Tout ce qu’il a fait en-suite en rendra un témoignage authentique à la postérité. Car si en lechoisissant pour Chef sur mer & sur terre on lui a fait un honneur qu’onn’avoit jamais fait à personne, ce n’est pas pour avoir opprimé les Thes-saliens , comme on a la hardiesse de l’avancer, mais pour reconnoîtreles services qu’il avoit rendus à la Gréce. 11 est venu ; dit-on, avec unearmée dans la Laconie. Mais vous savez tous qu’il n’y est pas venu delui-même. Quoiqu’appellé plusieurs fois par ses amis & ses alliés duPéloponèse, à peine put-il s’y résoudre. Et quand il y fut venu, com-ment s’y conduisit - il ? Ecoutez, Chléneas. Quoiqu’il pût se servir du

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