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Tome sixieme.
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82 HISTOIRE DE POLYBE,

vous entameriez pour la première fois cette affaire, il vous feroit plusavantageux de vous joindre à nous qu’aux Macédoniens. Mais quandmême vous auriez déja pris votre parti, n’en ai - je pas assez dit pourvous en faire prendre un autre? Car si vous aviez conclu votre allian-ce avec les Etoliens, avant que d’avoir reçu des bienfaits d’Antigonus,peut- être y auroit il à délibérer íì de nouveaux engagemens ne devroientpas femporter fur les anciens. Mais ce n’est qu’après avoir reçud’Antigonus cette liberté & ce secours qu’il ne cesse de vanter & devous reprocher, qu’assemblant votre Conseil & examinant auquel desdeux peuples vous vous joindriez, aux Etoliens ou aux Macédoniens,vous avez préféré les premiers, que vous leur avez donné des otages,que vous en avez reçus, & que vous êtes entrés dans la dernièreguerre que nous avions contre les Macédoniens. Quel doute peut-ìl donc encore vous rester? Tout ce que vous aviez de liaisons avecAntJgonus & Philippe est maintenant effacé. 11 faut donc que vousmontriez que depuis ce tems-là vous avez souffert quelque injusticede la part des Etoliens, ou qu’il vous est venu quelque bienfait decelle des Macédoniens. Ni l’une ni l’autre chose n’étant arrivée, vio-lerez-vous les Traités & les fermens, les gages les plus certains d’uneconstante fidélité, pour vous déclarer en faveur d’un peuple, dont vousavez justement rejette l’alliance, lors même qu’il vous étoit libre del’accepter ?

Ainsi parla Chléneas. Chacun regardoit cette harangue comme dif-ficile à réfuter, lorsque Lyciscus Ambassadeur des Acarnaniens fe pré-senta. il se retint d’abord voiant qu’on s’entretenoit dans l’assembléede ce qui venoit d’être proposé ; mais dès qu’on eut fait silence, ilcommença de cette maniéré.

CHAPITRE VII.

Discours de Lyciscus , Ambassadeur des Acarnaniens , enfaveur de Philippe Roi de Macédoine.

J E viens ici, Lacédémoniens, de la part de la République d’Acar-nanie; mais aiant part aux mêmes espérances que les Macédoniens,nous croions que cette Ambassade leur est commune avec nous.Comme en guerre la grandeur & Retendue de leur puissance fait quenotre sûreté est établie sur leur courage & fur leur valeur; de même,quand il s’agit de délibérer, nous ne séparons pas nos intérêts de leursdroits. Ne soiez donc pas surpris si la plus grande partie de mon dis-cours roule fur Philippe & fur les Macédoniens. Chléneas fur la fin du

sien