98 HISTOIRE DE POLYBE,
íivoit promis qu’au tems de l’attaque il le secoureroit infailliblement &avec tant de force, que toute farinée reconnoîtroit les effets de fa pré-sence. La justesse & la solidité des raisons qu’il apporta, les couronnesqu’il promit, & par deílus tout cela l’asslstance de Neptune, inspirèrentaux soldats une ardeur tout-à-fait grande.
Le lendemain aiant garni la ilote de traits de toute espèce, il donnaordre k Ltelius qui la commandent, de serrer la ville du côté de la mer.Par terre il détacha deux mille de ses plus forts soldats, leur donna desgens pour porter des échelles, & commença l’attaque à la troisième heu-re du jour. Magon qui commandoit dans la ville, aiant partagé fa gar-nison, laissa cinq cens hommes dans la citadelle, &, avec les cinq censautres alla camper fur la colline qui est k l’Orient. Deux millehabitans,à qui il distribua les armes qui se trouvèrent dans la ville, furent postésà la porte qui conduit à cet endroit qui joint la mer au continent,& qui par conséquent conduisoit aussi au camp des Romains : & lereste des habitans eut ordre de venir au secours en quelque endroitque la muraille fût insultée.
Dès que Scipion eut fait donner par les trompettes le signal de Pas-sant , Magon fit marcher les deux mille hommes qui gardoient la por-te, persuadé que cette sortie effraieroit les ennemis & renverserait leurdessein. Ces troupes fondent avec impétuosité fur ceux des Romainsqui étoient rangés en bataille au bout de l’isthme. 11 se donne la ungrand combat. On s’anime de part & d’autre à bien faire. De l'armée& de la ville on accourt pour secourir les siens : mais le secours n’étoitpoint égal; les Carthaginois ne pouvant sortir que par une porte &aiant un chemin de deux stades k faire, au lieu que les Romains étoientk portée & venoient de plusieurs côtés. Ce qui r en doit le combat siinégal, c’est que Scipion avoit mis ses gens en bataille près de soncamp, afin que ce spectacle frapât de loin les assiégés, voiant bien quesi ceux qui gardoient la porte & étoient comme P élite des habitans,étoient une fois défaits, tout ferait en confusion dans la ville, & quepersonne n’auroit plus la hardiesse de sortir de la porte. Comme de part& d’autre ce n’étoient que des troupes choisies qui combattoient, lavictoire fut quelque tems à se déclarer. Enfin les Carthaginois obligésde succomber pour ainsi dire sous le poids des soldats légionnaires quivenoient au camp, furent repoussés. Grand nombre perdirent la viefur le champ de bataille & en se retirant , mais la plus grande par-tie fut écrasée en entrant dans la porte : ce qui jetta les habitansdans une si grande consternation » que les murailles furent abandon-nées. Peu s’en fallut que les Romains n’entrassent dans la ville ri-vée les fuiars, mais du moins cette déroute leur donna moien Rap-pliquer fans crainte leurs échelles.
Scipion se trouva dans la mêlée, mais tant qu’il put avec sûreté de
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