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Tome sixieme.
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J OC HISTOIRE DE POLYBE,

grands talens étoit d’élever le courage de ceux qu’il exhortoit, & déles faire entrer dans toutes ses inclinations. Les soldats obéirent & sejetteront à Penvi dans l’étang. Ce fut alors que toute Parmée crut quequelque divinité conduisoit ce siège, & qu’on se rappella tout ce queScipion dans fa harangue avoit promis du secours de Neptune; & cesouvenir enflamma tellement le courage des soldats,, que faiíant la tor-tue ils fondirent jusqu’à la porte, & tâchèrent de la briser à coups dehaches. Ceux qui s’étoient approchés de la muraille à travers de Pé-tang, volant les créneaux abandonnés, non seulement ne trouvèrentaucun obstacle à appliquer leurs échelles, mais encore s’emparérent duhaut de la muraille fans combattre: les assiégés s’étant répandus dansles autres endroits,. & surtout vers le bout de Piithme & vers la portequi y conduisoit, & personne ne s’attendant que les ennemis atta-queroient la muraille du côté de Pétang : outre que les cris confusque jettoit la populace effraiée ne leur permettoient ni d’intendre nide rien voir de ce qu’il y avoit à faire.

Les Romains ne se surent pas plutôt rendus maîtres de la muraille rqu’ils coururent de côté & d’autre pour attirer les ennemis ; leur façonde s’armer leur donnant pour cela beaucoup d’avantage. Arrivés à laporte les uns décendirent & brisèrent les gons, les autres qui étoientau dehors entrèrent dans la ville. Ceux qui escaladoient du côté dubout de Piithme, aiant répoussé les assiégés, s’emparérent des créneaux.C’est ainsi que la ville fut prise. La colline du côté de POrient sutemportée par ceux qui étoient entrés par la porte, après en avoir chas-sé les Carthaginois qui la gardoient.

Quand Scipion crut qu'iì étoit entré assez de soldats dans la ville, ilen détacha la plus grande partie contre les habitans, selon que les Ro-mains ont coutume de faire après les sièges, avec ordre de tuër tousceux qu’ils rencontreroient, de ne faire quartier à personne, & de nepenser point à piller que le signal n’en sût donné. Je m’imagine qu’ilsne font ce grand carnage que pour donner de la terreur, & que c’eílpour cela que souvent dans les prises de villes non seulement ilspassent les hommes au fil de l’épée, mais encore coupent en deux leschiens & mettent en pièces les autres animaux : coutume qu’ils obser-vèrent surtout ici, à cause du grand nombre d’animaux qu’ils avoientpris. Scipion ensuite à la tête de mille soldats s’avança vers la citadel-le. A son arrivée, Magon voulut d’abord se mettre sur la défensive.Mais faisant réflexion que la ville étoit entièrement au pouvoir des Ro-mains, il envoia demander la vie à Scipion, & lui remit la citadelle.Après quoi le signal du pillage fut donné, & on cessa de tuër. Lanuit venue, ceux qui avoient ordre de rester dans le camp, y restè-rent. Le Général & ses mille soldats prirent leur logement dans lacitadelle. Le reste eut . ordre par les Tribuns de sortir des maisons &