j8o H I S T\0 IRE DE POL.YB E,
devoir l’arrêter, fur le champ il marcha pour combler les puits. LeRoi en fut averti, & lit partir aussitôt Nicoméde avec mille chevaux.Mais Arfacès s’étoit déja retiré, on ne trouva que quelque cavaleriequi bouchoit les ouvertures par lesquelles on décendoit aux ruisseaux,6c qui prit la fuite dès qu’elle s’apperçut qu’on venoit à elle.
Nicoméde aiant rejoint l’armée, Antiochus après avoir traversé ledésert, vint à Hécatompyle, ville située au milieu du pais des Parthes,& à qui l'on a donné ce nom; parce qu’elle a des issues pour alleren tous les lieux qui font alentour. Lk il fit faire alte à ses troupes,& aiant fait réflexion ■ que si Arfacès se sentoit en état de le com-battre, il ne quitteroit pas son pais & ne chercher.oit pas un endroitplus avantageux pour cela que la plaine d’Iiécatompyle, & qu’èrr seretirant il donnoit assez à connoître qu’il n’avoit nulle envie de sebattre, il prit le parti dépasser dans PHìrcanie. Arrivé à sages, ilapprit des habitans que le chemin qu’il avoit à faire pour monter ausommet du mont.iLabute ,. d’où l’on décent dans THircanie , étoitextrêmement difficile qu’il étoit tout bordé d’une grande multitudede Barbares., .Sur ces avis il partagea ses armés à la légére en diffé-rentes troupes, il partagea aussi leurs Chefs & marqua quelle routechacun devoit tenir. 11 fit la même chose à l’égard des pionniers, quidévoient suivre par tout les armés à la légére, & disposer de telle sortechaque endroit où ils arriveroient, que les pesamment.armés & les bê-tes de charge pussent y passer.
■ II donna donc l’avantgarde à Diogéne. Elle étoit composée d’ar-chers, de frondeurs & de montagnars, qui habiles à lancer des traits& des pierres, sont d’une très-grande utilité dans les détroits, parceque fans garder aucun rang ils íè battent d’homme à homme dès quef occasion íè. présente, &c que tout leur eíl propre. II leur joignit deuxmille Candiots armés de leurs boucliers, fous la conduite de PolixénideRhodien. L’arriéregarde que composoient les pesamment armés étoitcommandée par Nicoméde & Nicolas, le premier de l’Jíle de Cos 6cl’autre d’Iitolie.
On n’eut pas fait quelque chemin en avant, que l’on s’apperçutque les endroits, où l’on devoit aller, étoient beaucoup plus diffici-les k aborder qu’on ne s’attendoit. La montée avoit trois cens stadesde longueur. II falloit faire une bonne partie de cette route par unchemin creusé, par la chute des torrens , 6c rempli d’arbres & depierres qui étoient tombées d’elles-mêmes du haut des rochers escar-pés qui . le bordoient ; les Barbares avoient encore rendu ce cheminplus difficile par les abattis d’arbres qu’ils y avoient faits, & par laquantité de pierres qu’ils y avoient jettées: ajoutez qu’ils s’étoient pos-tés Je long de cette ravine fur .les hauteurs les plus avantageuses & lesplus sures pour défendre le passage: de forte que s’il eût fallu nécessai-re-