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Tome sixieme.
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LIVRE 3C. C H A ?. IV; rvK

rement que toute ì’armée d’Antiochus traversât ce chemin, ils avoienftellement pris leurs mesures que ce prince eût été obligé d’abandonnerson entreprise. Mais ils n’avoient pas pris garde à tout. II étoit vraique la phalange & le bagage ne- pouvoient passer que par là, & queles montagnes voisines leur étoient inaccessibles; mais les armés à L?légére étoient gens à monter par les rochers mêmes. Aussi Oiogéne,aiant pris pour monter un autre chemin que la ravine, ne fut pas plu-tôt tombé fur le premier corps de garde des ennemis, que tout chan-gea de face. A peine en fut-on venu atyc mains, que Diogénesaisirì’occasion de gagner le dessus, & en marchant par des routes détour-nées de se poster plus haut que les ennemis, qu’il fit alors accabler detraits de pierres lancées à la main. Ce qui incommoda le plus cesBarbares furent les pierres jettées de loin avec les frondes. Les pre-miers chassés & leur poste emporté, les pionniers à mesure que l’onavance nettoient & applanissent les chemins, ce qui étoit bientôt fait,,parce qu’on y emploioit un grand nombre d’ouvriers. Aussi-tôt les fron-deurs, les archers & ceux qui lançoient des javelots courent de côté &d’autre fur le haut, s’assemblent «Sc s’emparent des meilleurs postes,pendant que les pesamment armés montent en bon ordre par la ravine.Les Barbares effraies se retirent & se-ramassent sur le sommet de la mon-tagne , & Antiochus fort enfin du détroit fans coup férir, avec lenteurcependant & beaucoup de peine, car il ne parvint qu’au bout de huitjours au sommet. Les Barbares s’y-étant assemblés dans l’efpérance d'em-pêcher que leurs ennemis n’en approchassent, il se donna là un combatfort opiniâtre, où les Barbares furent repoussés, paree qu’encore qu’ilscombattissent serrés de front & avec beaucoup de valeur contre la pha-lange, dès qu’ils virent que les armés à la légére étoient arrivés par unlong circuit pendant la nuit, & qu’ils s’étoient postés derrière eux furdes endroits plus élevés, la fraieur les saisit & ils prirent la fuite. An-tiochus ne voulut pas qu’on les poursuivît & fit sonner la retraite, dansle deslein de décendre serré & en bon ordre dans l’Hircanie. Aiantdonc réglé fa marche comme il souhaitoit, il arrive à Tambrace, villequi, quoique sans mitrailles, est cependant considérable tant par le pa-lais du Roi que par l’étenduë de son enceinte. II campa en cet endroit :mais comme la plupart des Barbares après le combat, aussi bien queles peubles du voisinage, s’étoient retirés àSyringe, ville peu éloignéede Tambrace, & qui pour fa force & les autres commodités est com-me la capitale de l’Hircanie, il prit le dessein de la réduire en fa puis-sance. II fait donc avancer là son armée, il campe tout autour & com-mence le siège. La plupart de ses approches consistaient en tortuespour mettre à couvert les travailleurs. Car la ville étoit entourée detrois fossés, larges chacun de trente coudées & profonds ds quinze,fur les deux bords desquels- il y avoít double retranchement, & au

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