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Tome sixieme.
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ho HISTOIRE DE P O L Y B E,

delà une forte muraille. C’étoient là des combats continuels, à peinepouvoit-on suffire de part & d’autre à transporter les morts & les bles-sés : car on ne combattoit pas seulement sur terre, mais encore dessousdans les mines qu’on y avoit creusées. Cependant à force de monde& de valeur de la part d’Antiochus, les fossés furent bientôt comblés,& la muraille ne tarda pas à crouler fur les mines qu’on avoit faitesdessous. Alors les Barbares ne volant plus de ressource, tuèrent tousles Grecs qui étoient dans la ville, & après avoir pillé toutcequ’il y a-voit de meubles précieux, en sortirent pendant la nuit. Antiochus leurmit en queue Iiyperbaíìs avec les étrangers soudoiés. 11s ne l’eurentpas plutôt apperçu, qu’il jetèrent leurs bagages & revinrent dans laville: mais les pesamment armés montant par la brèche, ils perdirenttoute espérance & se rendirent.

.CHAPITRE V.

Claud. Marcellus §-? Crìspinus Consuls tués faute de connoi/Jancede la guerre. Un Chef pour Fordinaire ne doit pas fe trou-ver aux combats particuliers. Eloge diAnnibal,

M CIaudius Marcellus & T. Quintius Crispinus voulant reconnoî-. tre par eux-mêmes le penchant de la montagne qui regardoitle camp des ennemis, après avoir donné ordre à ceux qui étoient dansle camp d’y demeurer, ils prirent avec eux deux bandes de cavalerie,des Vélites & environ trente Licteurs, & s’avancérent fur les lieuxpour les bien examiner. Par hazard quelques Numides accoutumés àtendre des embûches à ceux qui marchent devant pour escarmouches,& en général à tous ceux qui íòrtent les premiers du retranchement,s’étoient tapis au pied de la montagne. Ils surent avertis par un hom-me, qui étoit à la découverte, que quelques troupes étoient montéesfur le haut de la montagne. Aussi-tôt ils sortent de leur embuscade, &marchant par des sentiers détournés ils surprennent les consuls, &.leur ferment le passage qui conduifoit à leur camp. On en vient auxmains , Marcellus est d’abord jetté fur le carreau avec quelques au-tres, le reste tout couvert de blessures fut obligé de prendre la fui-te par des lieux escarpés, les uns d’un côté, les autres d’un autre.Le fils de Marcellus y fut aussi blessé, il ne se tira de ce danger qu’avecpeine, & ce fut une espèce de miracle qu’il en échappât. Les Romainsde leur camp voioient ce qui fe passoit fur la montagne, mais ils nepurent aller au secours. On y cria, on y fut épouvanté, on brida leschevaux, on prit ses armes, mais pendant ce tems - là faction fe termina.

Mar-