n8 HISTOIRE DE POLYBE,
Peu après étant informé qu’Attalus étoit passé en Europe, qffílavoit abordé à Pîie de Peparéthe , & qu’il étoit maître de la cam-pagne, il envoia des troupes pour garder la ville. II fit partir Po*]ypliante avec un nombre fêlant de soldats pour défendre les Pho-céens & les terres de la Béotie. Mentppe alla par son ordre à Chalcis& dans le reste de l’Eubée avec mille soldats peíàmment armés & cinqcens Agrianiens. Lui-même s’avança vers Scot use, cù il avoit donnérendés-vous aux Macédoniens. Aiant appris là qu’Attalus avoit mouil-lé Vancre à Nicée, & que les Chefs des Etoliens s’étoient assemblés àHéraclée pour conférer ensemble fur les affaires présentes , il partitde Scotuíe dans le dessein de répandre parmi eux la confusion &la terreur. Mais ils étoient partis quand il arriva. Ainlì après avoiríàit le dégât dans le païs & pris ce qu’il put de vivres parmi les peu-ples qui habitent autour d u golfe des Èniens, il retourna à Sco-tufè & y fit camper son armée. II en repartit quelque tems aprèsjiiivi feulement de ses armés à la légére & d’une troupe de cavale-rie de fa garde, & alla décendre â Demétriade , où il resta pourobserver ce que les ennemis tenteroient. Et pour être mieux in-struit de tout ce qui fe passeroic, il envoia ordre à Peparéthe dansla Phocide & dans l’Eubée de l’avertir de tout par des fanaux allu-més fur le Tiíée , montagne située dans la Thessalie, & d’où cespeuples peuvent très-commodément informer de ce qui fe fait chezeux. Comme cette manière de donner des signaux , quoique d’ungrand usage dans la guerre, n’a pas été jusqu’a présent traitée avecexactitude, il est bon que nous nous y arrêtions un peu pour en don-ner une connoissance plus parfaite.
(Test une chose reconnue de tout le monde, que Poccasion qui a unegrande part dans toutes les entreprises, en a une très-grande dans cel-les qui regardent la guerre» Or de tout ce qui s’est inventé pour lasaisir, rien n’ell plus utile que les signaux par le feu. Que les chosesviennent de fe passer, ou qu’elles fe passent actuellement, on peut parce moien les apprendre à trois ou quatre journées de là, & quelquefoismême à une plus grande distance, de sorte qu’on est surpris de rece-voir le secours dont on avoit besoin. Autrefois cette maniéré d’aver-tir étoit trop simple, & perdoit par-là beaucoup de son utilité. Carpour en faire usage, il falloit être convenu de certains signaux , &comme il y a une infinité de différentes affaires, la plupart ne pou-voient se connoître par des fanaux. 11 étoit aisé par exemple d’aver-tir- ceux avec qui l’on étoit convenu, qu’il étoit arrivé une armée àOrée, à Peparéthe ou à Chalcis; mais des événemens qui arrivent fansqu’on s’y attende, & qui demandent qu’on tienne conseil fur le champ& qu’on y apporte dti remède, comme une révolte, une trahison, unmeurtre ou autre chose semblable, ces sortes, d’événemens, dis-je, ne
pou-.