LIVRE X C II A P. VIT.
Pour revenir à mon sujet, Scipion niant séparé les Espagnols dureste des prisonniers , les renvoia tous fins rançon dans Itur pais.il .fit présent à indibiliis de trois cens chevaux qu’il lui ordonna de choi-sir, le reste il le donna à ceux qui n’en avoient point. 11 passa ensuitedans le camp des Carthaginois, à cause des avantages de fa situation,& y resta pour y attendre les autres Généraux des Carthaginois &après avoir envolé quelque monde fur les Pyrénées pour y obíèrver lesdémarches d’Asdrubal, l’été étant sur sa fin, il se retira à larragone,& mit là ses troupes en quartier d’hiver,
CHAPITRE VIL
Expédition de Philippe contre Altalus . Digression fur les signaux:
L Es Etoliens se promettant beaucoup des Romains & du Roi Atta-lus qui arrivoient à leur secours, jettoient Pépouvante parmi tous.les Grecs & leur saisoient la guerre par terre, pendant que P. Sulpitius& Attalus la saisoient par mer. Ce qui fit que les Achéens vinrent prierPhilippe de les secourir, parce qu’ils ne craignoient pas seulement les-Etoliens , mais encore Machanidas , qui commandoit une armée furles frontières des Argiens. Les Béotiens menacés par la ilote des enne-mis lui demandèrent aussi un Chef & des troupes. Ceux qui imploré-rent son secours avec le plus d’inítance furent les Eubéens; les Acarna-mèns firent les mêmes prières; il vint encore des Ambassadeurs de la?part des Epirotes. Le bruit couroit aussi que Scerdilaidas & Pleurâtmettoient des troupes en campagne, & que les Thraces qui confinentà la Macédoine, & surtout les Ivíédes, a-voient dessein de se jetter dansce Roiaume, pour peu que Philippe s’en éloignât. Dé plus les EtolienZs’ctoient emparés du pas des Termopyles, l’avoient fortifié de fossés& d’un retranchement, & y avoient mis une forte garde, se flattantpar là de boucher le passage à Philippe, &• de Pempêcher de porter dusecours à ses alliés d’en-deçà de Pyles.
Des conjonctures íi difficiles & si propres à mettre à l’épreuve les-forces de Pesprit & du corps des grands Capitaines, piqueront fansdoute la curiosité des lecteurs. Car comme on ne connoît jamais mieuxla vigueur & la force des animaux cue Pon poursuit à la chasse, quelorsqu’ils font pressés de tous côtés : la même chose arrive à l’égarddes Chefs. Philippe nous en va donner un bel exemple. II congédiaces Ambassades, en leur promettant à toutes qu’il feroit tout son pos-sible pour les contenter: il donna tous ses soins à la guerre, & ne pensaplus qu’à voir en quel endroit & contre qui il falloit d’abord marcher.
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