120 HISTOIRE DE POLYBE,
.pas encore suffisante. Car on ne peut pas prévoir toutes les chosesqui peuvent arriver, & quand on pourroit les prévoir, il feroit im-possible de les marquer toutes fur un bâton. D’ailleurs quand il arri-vera quelque chose à laquelle on ne s’attendoit pas, comment en aver-tir selon cette méthode ? Ajoutons que ce qui est écrit fur le bâtonn’est point du tout précis 6c déterminé. On n’y voit pas combien ilest entré de cavalerie ou d’infanterie, ni en quel endroit du païs fontces troupes, ni .combien de vaisseaux ou combien de vivres font arri-vés. Car pour marquer ces fortes de particularités fur je bâton, ilauroit fallu les prévoir avant qu’elles arrivassent , & .cela n’est paspossible. Cependant ces particularités c’est ce qu’il importe le plus defçavoir. Car le moi en d’envoier du secours, si Tonne fçait ni com-bien on aura d’ennemis à combattre, ni où ils font? Comment avoirconfiance en fes -forces ou s’en défier, en un mot comment prendreson parti, fans fçavoir combien de vaisseaux ou combien de vivres Udt venu de la part des alliés?
La dernière méthode a pour auteur Cleoxéne, d’autres Tattribuënt kDémoclite, mais nous Pavons perfectionnée. Elle fixe tout, & parIon moien on peut avertir de tout ce qui fe passe. Elle demande feu-lement beaucoup de vigilance & d’attention. La voici. Que Ton pren-ne toutes les lettres de Talphabet & qu’on en faste cinq parties, cinqlettres dans chacune, il y en aura une qui n’aura que quatre lettres,mais cela est fans conséquence. Que ceux qui feront désignés pourdonner & recevoir les signaux écrivent fur cinq tablettes ces cinq par-ties des lettres, 6c conviennent ensuite entre eux que celui qui devradonner le signal, levera d’abord deux fanaux à la fois, 6c qu’il lestiendra levés jufqu’k ce que de Tautre côté on en ait aussi levé deux,asm que de‘ part & d’uutre on soit averti que Ton est prêt. Que les fa-naux baissés, celui qui donnera le signal élèvera des fanaux par fa gau-che pour faire cannoître quelle tablette il doit regarder ; en forte quesi c’est la première il n’en éleve qu’un, si c’est la seconde il en élèvedeux, 6c ainsi du reste, 6c qu’il fera de même par fa droite pour mar-quer à celui qui reçoit le signal quelle lettre d’une tablette il faudraqu’il observe & qu’il écrive. Après ces conventions chacun s’étant misà ion poste, il faudra que celui qui donne le signal ait une alidade gar-nie de deux tuiaux, asm que celui qui le donne connoisse par Tun ladroite, 6c par Tautre la gauche de celui qui doit lui répondre. Qu’onplante droites les tablettes proche de Talidade, .& qu’à droit &à gau-che ,on -élève un solide de dix pieds de largeur 6c environ de la hau-teur d’un homme, asm que les fanaux élevés auprès fassent une lumiè-re sûre, 6c qu’en les baissant on les puisse cacher. Tout cela disposéde part & d’autre, supposé par exemple qu’on veuille annoncer, quV«-virou cent hommes fe J'ont retirés chez les ennemis on choisira d’abord