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Tome sixieme.
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LIVRE X. CHAP. VIL 121

les mots qui marqueront cela en moins de lettres qu’il sera possible,comme, Krétois cent nous ont quittés , ce qui exprime la même cho-ie avec moitié moins de lettres. On écrira donc cela fur une petitetablette, & ensuite on l’annoncera de cette maniéré. La première let-tre est un K. qui est dans la seconde partie & sur la seconde tablette:on élèvera donc à gauche deux fanaux pour marquer à celui qui re-çoit le signal que c’est la seconde tablette qu’il doit examiner, & kdroite cinq qui lui feront connoître que c’est un K, la cinquième let-tre de la seconde partie qu’il doit écrire sur une petite tablette. Ensui-te quatre à gauche pour marquer l’R. qui est dans la quatrième par-tie, puis deux à droite pour l’avertir que cette lettre est la seconde dela quatrième partie & qu’il doit écrire, & ainsi de la même façon pourles lettres suivantes. Par cette méthode il n’arrive rien qu’on ne puisseannoncer d’une maniéré fixe & déterminée. Si l’on y emploie plusieursfanaux, c’est parce que chaque lettre demande d’être indiquée deuxfois : mais d’un autre côté, si l’on y apporte les précautions nécessaires,on en sera satisfait. L’une & l’autre méthode ont cela de commun,qu’il faut s’y être exercé avant que de s’en servir, afin que l’occaíion seprésentant, on soit en état, sans faire de faute, de se donner récipro-quement des nouvelles de ce qu’il importe de fçavoir.

Au reste on sçait que les choses, qui se proposent pour la premièrefois, font fort différentes d’elles - mêmes, lorsqu’on y est accoutumé.Ce qui paroissoit d’abord non seulement difficile, mais même impossi-ble, devient par le tems & par l’habitude le plus aisé du monde à pra-tiquer. Mille exemples font foi de ce que j’avance, mais le plus con-vainquant de tous est la lecture. Supposons un homme qui n’ait ja-mais íçú lire, quoiqu’il ait dailleurs beaucoup d’esprit: qu’on ordonnedevant lui à un enfant, qui a l’usage de la lecture , de lire quelquechose; certainement cet homme ne pourra pas se persuader qu’il fautpour lire que l’on arrête ses yeux, premièrement sur la forme des let-tres, secondement sur leur puissance, troisièmement sur la liaison queles unes ont avec les autres , toutes choses qui chacune demandent uncertain tems. C’est pourquoi quand il verra cet enfant lire fans s'arrê-ter & tout d’une haleine six ou sept lignes de fuite, il aura toutes lespeines du monde à ne pas croire que cet enfant a lai, avant que devenir, ce qu’on lui fait lire. Mais si la lecture est accompagnée degestes, íi les distinctions & les esprits doux ou rudes y font marqués,jamais on ne le persuadera que Pensant ne s’est pas préparé. Cela nousapprend que les difficultés qui se présentent d’abord ne doivent pasnous détourner de ce qui est utile. Par l’habitude il n’y a rien debeau ni d’honnête où l’homme ne puisse atteindre, il faut Paquérir,mais surtout lorsqu’il s’agit de choses d’où dépend notre conservation& notre salut. J’ai fait ici cette réflexion k l’occasion de ce queTome VI. Q. j’ai