122 HISTOIRE DE POLYBE,
l’ai dit plus haut, que les sciences dans notre siécle avoient été por-tées à un si haut degré de perfection, qu’il n’y en avoit presque pointdont on ne pût instruire avec régie & avec méthode; ce qui fait unedes plus utiles parties d’une Histoire bien composée.
CHAPITRE VIII.
Comment les Jspafiens Numides pajsent par terredans PHircanie.
L Es Aspafiens Numides habitent entre POxus & le Tan aïs, deuxfleuves, dont le premier íè décharge dans la mer d’Hircanie,6c l’autre dans les palus Méotides, tous deux assez, grands pour êtrenavigables. 11 c-st étonnant que les Numides traversent l’Oxus, «Scentrent par terre dans l’Hircanie avec des chevaux. Cela se peut faire,dit-on, de deux manières, dont Tune est vraisemblable, Pautre tientdu prodige, quoiqu’absolument elle ne soit pas impossible. Celle-ciest sondée sur ce que POxus prend fa source a u mont Caucase. Grossiensuite par les eaux qisil reçoit dans la Bactriane, il roule impétueu-sement ses flots bourbeux dans la plaine. De là il passe dans un désertpar dessus des rochers escarpés, dont la hauteur jointe avec Fabondan-ce des eaux fait que ces eaux se précipitent en bas avec tant de force,qu elles tombent à plus d’un stade du rocher. On dit que c’est le longde ce rocher, «Se pour ainsi parler, fous le fleuve même que les Aspa-íiens passent à cheval pour entrer par terre dans PHircanie. L’autremaniéré k plus de vraisemblance. Car on assure qu’k Pe n droit où tom-be le fleuve sont de grandes pierres plattes qu’il'íend «Sc creuse par laviolence de sa chute , qu’il parcourt un peu de chemin sous terre,qu’ensuite il reparoit, «Sc que les Barbares, fort instruits de la route dufleuve, entrent par cet endroit, où il ne parcît point, dans PHirca-nie avec leurs chevaux.
CHAPITRE IX.
Victoire d'Antiochus fur Euthydéme, qui s'étoit révolté.
A Ntiochus averti qu’Euthydéme étoit campé proche de Tigurie,«Sc que dix mille chevaux fur le bord de l’Arse en désendoient lepassage, prit le parti de faire lever le siège, de passer le fleuve «Sc de mar-cher